Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 10:26
En partance du Pérou, il ne me restait plus qu'un gros mois de vacances, et comme je voulais privilêgier la Colombie, suivant les recommandations de plusieurs potes français et de nombreux voyageurs rencontrés en chemin, j'ai décidé de traverser l'Equateur du sud au nord sans trop de détours.

J'ai donc fait quelques étapes de santé, quatre en tout, pour tout de même avoir une impression de ce pays au nom si enchanteur. Et j'ai pas été déçu !


1/ CUENCA

Troisième ville en taille d'Equateur après Guayaquil et Quito, Cuenca n'a pourtant rien d'une mágalopole.
On s'y sent comme dans une grande ville de province, nichée dans un joli cadre de montagnes verdoyantes, et son architecture coloniale invite à la promenade et à l'oisiveté.
Cuenca est notamment connue pour ses fameux chapeaux en "paja de toquilla" (fibre d'un palmier de la côte Pacifique), aussi appelés "Panama" sous nos tropiques.


Mais pourquoi appelle-t-on ce fameux sombrero un "Panama hat" alors qu'il est fabriqué en Equateur ??

Comme c'est mon chapeau préféré je me suis penché sur la question et en ai profité pour visiter 2 lieux de production, une "usine" qui produit à grande échelle et exporte à l'international et une fabrique-boutique artisanale à taille humaine, Barranco, du nom du quartier de Cuenca où elle se trouve, où j'ai pu suivre la confection des chapeaux Panama que j'ai commandés.

Commençons par le point historique, et c'est pas bien compliqué.

D'abord il faut savoir que la paja de toquilla utilisée pour la confection des sombreros est produite sur la Côte Pacifique de l'Equateur comme je l'ai mentionné plus haut, près du village de Montecristi. Montecristi est donc le lieu où originairement les chapeaux étaient fabriqués, et reste encore aujourd'hui la référence en terme de qualité et de virtuosité concernant les Panamas (les connaisseurs approuveront les yeux fermés !).

Pourquoi Cuenca alors ? Parce qu'à la fin du XIXème siècle Cuenca a subi une crise économique non négligeable, et qu'une des solutions trouvées pour faire face à celle-ci fut d'envoyer plusieurs personnes dans la province de Montecristi pour se former à l'art du tissage de ces chapeaux. Une fois revenus au pays, ces précurseurs cuencanos ont commencé à fabriquer leurs propres Panamas hat.

Mais ça répond pas au problème de la dénomination du chapeau et de son usurpation de nationalité ?
Non. Mais c'est très bien tombé pour les Cuencanos puisqu'au début du XXème siècle a commencé la construction du Canal de Panama et une main d'oeuvre venant de toute l'Amérique Latine a été necessaire en grande quantité. Le fameux chapeau de paja de toquilla que portaient plusieurs ouvriers Equatoriens s'est alors révélé le meilleur moyen de se protéger du soleil cuisant du Panama, et les promoteurs du Canal ont décidé d'en importer des milliers d'Equateur, et donc de Montecristi et Cuenca (surtout Cuenca puisque la région était beaucoup plus peuplée et à même de fournir de grandes quantités de ces chapeaux), pour coiffer ses travailleurs. Et comme la construction du canal fut un événement  d'une importance mondiale avec une couverture médiatique internationale de grande ampleur, l'image du travailleur coiffé du chapeau de paja de toquilla s'est répandue et l'amalgame a vite été fait, le sombrero prenant alors le nom de "Panama hat"...

Le processus de fabrication est assez simple.

1- La palme est récoltée sur la Côte pacifique et sa fibre en est extraite après avoir bouilli les feuilles de palmier.

2- Le travail de la tisseuse est entièrment manuel. Il faut de 6 à 12 fibres pour tisser un chapeau, et de 2 à 40 jours. Ceci dépend de la qualité souhaitée : plus il y a de noeuds, plus ceux-ci sont fins, plus il faut de la fibre, et du temps ! Sans parler de l'adresse de la tisseuse qui travaille avec des fibres extrêmement minces pour les meilleurs chapeaux.

3- Le chapeau tissé avec ses fibres restantes pendantes est alors vendu à une fabrique, petite et artisanale ou énorme et plus ou moins automatisée.


-> La fabrique se charge de la finition : teinte en blanc dans des bains d'eau chaude mélangée à quelques chimiques durant plusieurs heures ou jours, puis découpe et couture du bord en fonction du diamètre choisi.




















-> Celle-ci va ensuite lui donner sa forme à l'aide de moules (avant en bois, maintenant en aluminum) confectionnés par des maîtres chapeliers.

3 passages d'une quinzaine de secondes dans une presse hydraulique chauffante sont nécessaires. Tout l'art de la fabrique est dans ce processus, permettant une liberté créatrice et donnant le style propre de la fabrique.


-> Enfin la dernière touche consiste en la mise en place du ruban identifiant le fabricant à l'intérieur du chapeau, et du ruban noir, rayé ou de couleur à l'extérieur.

Et le chapeau est prêt !!!

(On remarque bien la différence de qualité sur les 2 chapeaux ci-dessus, les fibres épaisses et espacées à droite, et très fines à gauche)


A Cuenca j'ai aussi pu visiter un ancien site archéologique Inca où un superbe jardin botanique et quelques beaux specimens à poil et à plumes ont aujourd´hui trouvé leur place !







2/ BAÑOS

Nichée dans les montagnes dans les hauteurs de Riobamba, Baños est une ville thermale (comme son nom l'indique) populaire chez les Equatoriens et à l'ambiance très vacances vacances.
Sa particularité est qu'elle est au pied d'un volcan actif, le Tungurahua, et même plutôt remuant puisqu'il a donné de ses nouvelles en septembre 2006. L'histoire de la ville est donc traversée d'éruptions du bouillonant voisin, et c'est tout naturellement que l'église de Baños est décorée de tableaux décrivant les miracles de la Señora de Baños concernant la protection de ses éfigies et statues lors des éruptions précédentes.

Plutôt branché nature verte que Tazieff fumant, je suis allé me balader dans la vallée encaissée le long du Rio Pastaza sur le Sentier des Contrebandiers d'aguardiente vers les impressionantes cascades situées non loin de la ville. En fait ce sentier tire son nom de l'époque où l'aguardiente était interdite en Equateur et donc importée clandestinement en Equateur à dos de mule via quelques discrets sentiers de montagnes. Maintenant plus besoin, la cuite est légalisée et socialement reconnue en Equateur, donc fini les ballades et les semelles usées, tout passe rapidement par la route et par le gosier.

Après avoir essuyé les crocs d'un chien pas très amical sur ma fesse gauche, sans effusion de sang (héhéhé ça me rappelle le sauvetage par jojo de son Rollmops national lors d'une panne de camping-car... ! ), et m'être fait offrir de délicieuses mandarines par un fermier vivant tranquillement et solitairement dans sa cabane, je suis arrivé à la Cascada del Manto de la Novia (cascade du voile de la mariée), 40 mètres de haut. Assez impressionante, et notamment le système de "tarabitas" (la traduction littérale et évidente devant ê tre fausse, je ne sais pas trop comment traduire...), sorte de petite cage en métal se prenant juste au-dessus de la cascade, qui permet de traverser la grosse  centaine de mètres de large de la vallée, le tout suspendu par un mince mais résistant câble d'acier (si si très résistant ! de toutes façons si t'y crois pas tu la prends pas la tarabita) au-dessus d'un vide de 70 mètres permettant de contempler le tout piti piti fleuve sous ses pieds... Bonne expérience !!

Sinon la 2ème option c'est le pont suspendu en bois tout défoncé en bas de la vallée. Pas beaucoup plus rassurant puisqu'est inscrit dessus "No Bambolee" et "No Amaquear" ce qui pourrait donner quelques renseignements sur la résistance de la chose...



La 2ème cascada est connue dans tout l'Equateur, c'est la Cascada del Pailon del Diablo (cascade de la face de diable), de 80 mètres de haut, et tirant son nom de la face cornue que l'on peut distinguer en la regardant avec attention (certains y voient jusqu'à 5 faces de Diablito). Bien aménagée on peut la voir depuis plusieurs terrasses et même passer derrière le monstre en se faufilant dans une sorte de tunnel creusé dans la montagne... on en ressort les oreilles bourdonnantes, le coeur secoué, et surtout complètement trempé !


De belles balades et aussi l'occasion de me faire de nouveaux compagnons de route très sympas avec qui je continuerai jusqu'en Colombie : un couple d'Américains déjantés, Roby and Grace, et un Allemand un peu raide et très fumeur, Max.


3/ LA LAGUNA QUILOTOA

La Laguna Quilotoa, difficile d'accès depuis la ville de Latacunga, est un grand lac aux couleurs changeantes, bleu turquoise, gris, vert émeraude ou blanc miroir, ayant rempli le cratère du volcan Quilotoa après l'éruption de celui-ci il y a... longtemps.
Pour y aller on traverse de charmants petits villages peuplés en majorité de pueblos indigenos portant le costume traditionnel, relevé par le chapeau melon à plume de faisan latérale qui ferait un carton dans les clubs chics parisiens.
C'est très joli, isolé, mais aussi très venteux, et de peur de finir quelques centaines de mètres plus bas en train de patauger dans le cratère, on a préféré s'en tenir à aller voir en bas comment c'était et s'en retourner prudemment, direction la capitale !





4/ QUITO


Dernière étape équatorienne de ma traversée du sud au nord, Quito (3000 mètres d'altitude) est une capitale très vivante et magnifique, ayant conservé son centre historique à l'architecture coloniale, bordée de montagnes dont la base est recouverte de quartiers de maisons de la même couleur, et dont on peut profiter de nombreux panoramas depuis l'une ou l'autre des collines ou montagnes la surplombant.
On retiendra le Panecillo, petite colline à l'allure de petit pain coiffée de la Virgen Maria, séparant le sud pauvre et surpeuplé du nord de Quito où se concentrent le centre économique et les buildings modernes. La descente fut baclée car  passant dans un quartier un peu chaud et ouaich ouaich où les regards inquisiteurs pèsent lourd sur ton dos après ton passage. Ça nous a permis de voir le cimetière du coin (pour rester dans l'ambiance...) typique du Pérou et de l'Equateur, avec ses gros bâtiments percés de centaines de niches construites les unes au-des sus des autres, en hauteur, afin de rentabiliser au maximum l'espace disponible.

La Cathédrale de Quito, moderne, est aussi un bon mirador et est assez originale dans le sens où on peut littéralement la visiter de fond en comble, passant un pont sous les charpentes, grimpant des échelles branlantes dans ses 2 tours pour contempler Quito derrière des gargouilles en forme de pélican, et ce jusquà la pointe d'une de ses flèches dont la pierre s'effrite peu à peu... un vrai parcours d'aventurier !





Enfin Quito est une ville animée où se croisent nonchalamment hommes d'affaire et pauvres gens en guenilles, population indigène en costume traditionnel et jeunes déjantés en recherche de fiesta...


Voilà en quelque sorte mon passage accéléré en Equateur, qui me confirme dans l'idée qu'il faut souvent rester plusieurs jours dans un lieu pour pouvoir bien s'imprégner de la vie qui s'y passe, de la culture et des traditions de ses habitants, ce que je n'ai pas eu le temps de faire dans ce pays qui regorge pourtant de contrastes et de paysages différents tout aussi magnifiques que ceux aperçus dans les autres pays que j'ai pu traverser.
Merde alors, va falloir y retourner ! Mais cette fois-ci j'incluerai peut-être les Iles Galapagos si mon porte-sous me le permet.


Mais ce petit sacrifice n'est pas vain !
Tout ceci pour privilêgier la Colombia vers laquelle je file droit devant avec plein de temps à lui consacrer !!!
Par Briva L - Publié dans : Ecuador
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 23:00

LIMA, capitale du Pérou, vaudrait la peine de s'attarder sur chacun de ses 9 a 10 millions d'habitants... ou pas. Je prendrai finalement la décision de ne pas le faire - j'en assume toute la responsabilité - préférant pointer quelques faits qui me sont arrivés et relever une poignée de détails de cette gigantesque mégalopole s'étendant comme un cheveu sur la soupe (!?) au haut d'une petite falaise devant l'agitée Côte Pacifique.

 


D'abord un hommage à tous les habitants de la casa fleurie et chaleureuse du quartier de Barranco où j'ai été gracieusement accueilli quelques jours grâce à Anne, une amie de potins d'Annaboule. Donc merci beaucoup à Anne, expat comme on en fait plus, qui a su rester à sa place quand tant d'autres expats changent de mentalité et de style de vie à l'aune d'un changement radical de pouvoir d'achat attribué par un nouveau statut , à savoir d'expat surpayé pour le pays où il vit ; gracias a Francho, colloc-copain-vétérinaire, ce qui fait beaucoup de casquettes alors qu'il porte Pluto des bonnets ; Carole apercue en coup de vent avant son rdv avec le Président du Pérou Alan Garcia (...!) ; les 2 sur-chiens Plu-Plu (thon) et Chodzeg, qui ne m'ont pas mordu, mais quand même piétiné et bavé dessus, je leur en veux pas. Et une bise à Momo, fidèle compagnon de soirée !

Donc voilà une liste non exhaustive de quelques choses que j'ai pu vivre ou voir à Lima :

- commençons formel, j'ai pu me ballader dans quelques quartiers :

  -> Barranco, quartier bohême où nous logions, coloré et vivant, propre et en bord de mer, où les petites maisons individuelles disparaissent peu a peu pour laisser place à de grands immeubles lucratifs où viennent habiter les classes moyennes et aisées limeñiennes, l'oeuvre destructrice du grand Capital, alias le grand méchant loup.

Plein de graffs et autres pochoirs se laissent découvrir au détour d'une ruelle...


 

-> Centro Historico, le... centre historique bravo ! Mais bizarre, même si celui-ci contient le Palais du Gouvernement, plusieurs églises connues, le Couvent San Francisco, et d'autres batiments officiels, ce quartier a été progressivement abandonné par le grand Capital, encore lui, au profit du squattage par des gens plus pauvres. Du coup c'est un peu la dèche en dehors des grands bâtiments.

 

-> Miraflores, quartier des affaires - où se construit le grand Capital donc, toujours présent çui-la ! -... euh pas grand chose à dire, si ce n'est qu'on y trouve un grand centre commercial face à la mer. Et c'est tout.


 



-> Punta Callao, la pointe exposée aux caprices de l'Océan, et donc aux tsunamis (attention zone à haut risque sismique), où les façades des maisons sont peintes avec le reste de peinture non utilisée pour les bateaux, ce qui en fait un quartier populaire très chaleureux, et surtout très coloré.

- j'ai constaté qu'il n'y a pas qu'à Paris qu'on est envahi de pigeons gris

 


- j'ai pu voir danser des jeunes sur la Plaza Barranco le samedi matin, musique tonique et cumbia, mais aussi des vieux très mignons sur la Plaza JF Kennedy, où l'ambiance était plutôt 3ème age, chachacha, rumba et valse

 

 

 

- j'ai appris à faire le pisco sour avec Francho, et du coup aussi le problème au réveil quand on en boit trop ; à base de pisco (3 doses), de sirop (2 doses), de jus de citron (1 dose), le tout dans un mixeur avec une poignée de glacons, il ne reste plus qu'à rajouter un blanc d'oeuf et à faire tourner le tout dans le mixeur sans le fermer pour en foutre un peu partout, ceci à répéter 2 fois, tant pis si ça cradasse un peu la cuisine c'est la technique officielle de Francho


- j'ai assisté à la mort pas si tragique du poisson noir de la casa, le lendemain du crash mortel d'un oiseau bleu flashy dans le petit jardin

- avec Anne on a toujours pas réussi à élucider le mystere de la mort en série de ces oiseaux dans son jardin (le petit bleu était le 12ème en 6 mois quand meme), malgré plusieurs hypothèses scientifiquement tangibles hésitant entre le triangle des Bermudes des avidés situé juste au-dessus de sa maison, le cimetière des oiseaux où viennent mourir les vieux oiseaux sages en fin de vie, ou le crash inopiné sur le mur de la casa l'attention détourné par le joli jardin...

 - j'ai réussi à retenir mon souffle en traversant le Pont des Soupirs, ce qui fait que mon voeu devrait bientot se réaliser, et suivant les recommandations d'un papi rencontré dans Barranco j'ai vu l'arbre en forme de pénis

- j'ai gouté les fameux anticuchos, brochettes de coeur de boeuf dont raffolent les liméñiens, mais on a toujours pas su expliquer d'où venait ce nom d'anticucho (une équipe de linguistes montée par Anne planche sur le sujet... hein Anne ? ;-)


- j'ai bouffé le meilleur ceviche (poisson, crevettes et coquillages laissés macérés dans une sauce à base de citron) de la ville, a la Punta Callao : excellent, accompagné de mangue et d'ananas, avec des coquillages gratinés au parmesan en entrée et un délicieux verre de chicha morada (a base de maïs morado, rouge, plus plein d'épices)

 

- j'ai claqué 400 Soles le 1er jour en laine de baby alpaca, très douce pour le corps, moins pour le porte-feuille ; après du coup j'me suis calmé

- on a vu le Rustica, un bar cumbia, complètement vide et complètement plein, dans tous les sens du terme, et pu apprécier qu'ici aussi ils aiment bien mettre 2 "danseuses" en bikini en train d'agiter leur boule pendant 15 minutes pour attirer le bailador ; sinon on a surtout dansé et transpiré la cumbia

- je suis allé voir la Chola Chabuca au studio TV de la chaine "Estudio 4", à coté de la casa ; il s'agit d'un homme travesti animant bruyamment un show où viennent se produire les plus grands groupes de cumbia péruviens (Tonny Portugaaaaaal est en fait très très connu ici, d'où les cris stridents d'adolescente en furie et le petit son aigü dans l'oreille droite (j'étais assis à gauche) qui m'a accompagné quelques heures après le show...), et je suis donc passé à la TV péruvienne dans ce show prépubère complètement stupide mais très instructif !

           

- ça fait maintenant 2 mois, depuis Sucre, que je n'ai plus touché une cigarette, c'est pas grand-chose mais je suis quand même content :-) à la place j'ai adopté la "technique Chupetin" à base essentielle de Chupa Chups fortement inspirée par Beto rencontré a Arequipa, qui lui-même s'est fortement inspiré des joueurs du Barça, son équipe favorite, à l'époque où Cruyff était entraineur, eux-mêmes fortement inspirés de leur fameux entraineur sus-nommé, Sieur Johan Cruyff, qui avait adopté la Chupa Chups après avoir arrêté de fumer mais pour pouvoir contenir ses légers accès de stress sur le banc de foot catalan (tout ça pour vous dire que ma technique a une grande descendance, hé oui !!!)

- j'ai pu halluciner en voyant un parapente passer en face de l'hotel Marriott, à quelques mètres de celui-ci, en plein centre de Lima, devant le centre commercial Larco Mar, face à la mer ; en fait j'ai pas halluciné, y'en avait pas un mais 7 ou 8... normal

- j'ai appris quelques règles de Francho pour bien se comporter en société péruvienne.

Quand t'es fauché, touche ta carotide avec l'index en faisant une mine perplexe et on te baissera un peu le prix.

Avec les filles, invites-en une à prendre un café, c'est que tu es très clairement intéressé, et si tu arrives a prendre un verre avec elle apres le café ca veut dire que c'est gagné ; petite variante amazonienne, comme il n'y a pas de café ni de bar, il faut remplacer le couple café-biere par le cuarto de pollo (cuisse de poulet) c'est moins sexy mais ça correspond à la même chose en fait...

- "hallucina que" j'ai appris l'expression snob du moment a Lima

- sur les conseils d'Anne, je suis allé a Trujillo, à 600 kms au nord de Lima, sur la côte Pacifique, pour visiter  2  sites archéologiques : les Huacas (temples) del Sol y de la Luna, restes de la civilisation pré-inca Moche, et Chan Chan, de la civilisation Chimu postérieure à celle des Moche, plus grande ville en adobe du monde.

 A la Huaca del Sol, j'ai donc pu voir de belles peintures conservées presque intactes car à la mort d'un souverain Moche (pas forcément moche... prononcer "motché" pour éviter les confusions), on construisait un nouveau temple par-dessus l'ancien, donc encore plus grand et ayant ainsi permis de préserver les sculptures et peintures des couches du dessous, mais pas les tombes, pillées par les Españols...


A Chan Chan, tout le contraire, on visite un palais de 11 hectares, d'une ville qui comptait environ 14000 Ha a l'époque... pour une population estimée à plus de 50000 habitants. De quoi donner le vertige...

En effet à la mort d'un souverain, on l'enterrait avec ses serviteurs, ses 34 concubines, quelques guerriers, tous ses objets lui servant dans la vie courante, et son palais devenait ainsi un nouveau temple confié aux shamans pour honorer la mémoire du souverain. Et on en construisait un autre pour le prochain souverain. De très belles sculptures conservées y sont encore visibles, dégagées des couches de sable, au stylisme presque moderne, symbolisant la raie, le poisson-chat, la loutre de mer, le pélican (qui pourrait d'ailleurs très bien passer pour un petit Space Invader sur un mur parisien !), autant d'animaux divinifiés tout comme les élements marins dont les Chimus étaient dépendants pour leur survie.

 

Et je suis allé manger du cangrejo reventado (crabe rempli et écrasé) à Huanchaco devant l 'Océan en regardant les surfeurs s'amuser devant les batreaux en totora (sorte de roseau) alignés sur la plage.

 










- Plus fou-fou, je suis allé dans la ferme d'un pote de Francho avec Anne et Francho, aller chercher 4 cuys (cochons d'inde énormes destinés à l'alimentation, c'est un plat traditionnel péruvien) et faire joujou avec les vaches qui font meuh, les agneaux qui font beeeeh, les lamas qui font genre je suis ton copain mais qui se tiennent prêts à te cracher leur bile verte dans la face (des souvenirs Chonchon héhéhé !) ; tous ces cuys  pour quoi ? pour les expérimentations de la thèse d'Anne, le but étant de les synchroniser pour récuperer tout plein d'ovules de cuys et après, si ça marche, faire le même protocole avec des cuys sauvages, rustiques, pour pouvoir préserver la lignée génétique de cuy sauvage au cas où (bon Anne t'as le droit et même le devoir de me corriger si je dis de la merde de cuy)

 

- mais au-delà d'aller dans une ferme voir les zanimaux de la ferme, j'ai aussi pu rencontrer le fermier, d'une lignée aussi rustique que celle des cuys sauvages, se balladant avec son flingue à la taille, croisant des lignées de chiens entre eux pour en faire des petits monstres (tout y passe, dogues argentins, rottweillers, filas brésilien...) qui au final ne font pas juste peur aux éventuels intrus mais bouffent les chiens aventureux et croquent le personnel de la ferme (pour avoir vu son chien de garde Mike, 4 canidés aventureux morts à son actif, qui ressemble plus à un petit lion je vous assure que je le crois, sans parler de son autre chienne, tellement contente de l'entendre rentrer qu'elle en a arraché sa chaine... normal non ?)

- avec ce charmant et sympathique propriétaire, sûrement sympathisant de "Chasse, Peche, Nature, Cuy et Tradition", parti conservateur péruvien, plus ancien éleveur de cuy de Lima (30 ans d'expérience), que j'ai suivi a la trace de peur de rencontrer inopinément un de ses gentils chiens (cf paragraphe précédent si tu t'égares...), j'ai pu apprendre plein de choses comme la psychologie des cuys et ses conséquences possibles sur la reproduction (le cuy est une petite boule de poil qui stresse tres vite), voir un cuy hémiplégique et un "cuy-sole" paralysé avec la tête sur le coté  (comme une sole quoi !), et l'entendre nous livrer quelques détails sur certaines de ses passions, comme la bataille de coqs avec ergots en métal, dont plusieurs photos de champions et diplômes d'honneur ornent son salon de ferme, la chasse à la carabine, ou encore les crânes, si possible venant de la famille, faisant office de pots de fleur... une vraie poésie je vous dis


Après ce dernier paragraphe, je ne peux plus rien rajouter au risque que tout paraisse fade, donc je m'arrête là.
Petite bourgade épuisante Lima !!!

Maintenant direction l'Ecuador, qui ne vaut certainement pas le Pérou, mais qu'il va bien falloir traverser avant d'arriver  à la tant attendue Colombia !!!  EN AVANT !!

Par Briva L - Publié dans : Perú
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 18:40
Après la douceur de vivre citadine d'Arequipa, retour à la nature et aux expériences plus fortes en adrénaline !


1/ D'abord pause près d'Ica à la Huacachina , une oasis naturelle magnifique plantée au milieu des dunes.
Un petit lac entouré de palmiers et de quelques habitations et piscines, le tout isolé du reste du monde par des dunes de sable fin... que demander de mieux ? Bah justement, ici ils ont trouvé !
Le désert de dunes s'étend tellement loin que l'on peut y faire des excursions en buggy, et certaines dunes sont tellement hautes qu'une nouvelle activité y a été inventé pour profiter des pentes vertigineuses, le sandboarding !






En compagnie de 2 Argentines, un Brésilien, Gi, et un Italien-Polonais, Francesco, nous voilà donc partis dans un buggy pour faire du sandboarding. Mais on a vite découvert que le trajet en buggy pour gravir les dunes de sable n'était pas une simple promenade de santé ou un faisant office de tire-fesse... les conducteurs des buggys ont seulement une moitié de cerveau, donc ils ne savent pas utiliser la pédale de frein mais que l'accélérateur, et la remontée des dunes est en fait une sorte d'expérience décoiffante et vraiment flippante ressemblant plus à un taré fonçant à toute barlingue au milieu des dunes... merci le calme et la tranquillité de la nature !
En même temps c'est tellement flippant que c'en est presque marrant... sauf quand ton chauffeur n'a qu'un quart de cerveau et que du coup il ne connait que la pédale d'accélérateur, ça on le savait déjà, mais qu'il ne sait pas qu'il faut la relâcher de temps en temps... c'est sur nous que c'est tombé et ça c'est donc terminé par un crash de buggy sur dune après avoir défoncé une roue et l'avoir laissé en chemin...

Heureusement arrive après le crash la descente tranquillou de la dune en sandboard... mais là encore, surprise !! Ça a rien à voir avec le snowboard... Oublie les virages, les courbes, la descente peinard, le coup d'oeil sur le paysage incroyable t'entourant, le sandboard c'est plutôt allonge-toi à plat ventre sur la petite planche en bois, dévale pleine balle en ligne droite la pente de malade, ferme le plus possible les yeux et la bouche pour pas te bouffer tout le sable que tu te tappes dans la face, crie, crie fort, et en une poignée de secondes ça y est ! t'es en bas ! mais t'es vivant !

Voilà comment passer un jour relax dans une oasis peinard au milieu du désert...
Après ça j'ai bien compris pourquoi le Canadien rencontré en Argentine qui m'avait conseillé le truc me disait tout le temps "La Huacachina faut absolument que tu y ailles là, mais tu vas voir là, c'est dééééébile !!!"


2/ La 2ème étape avant Lima fut plus reposante, mais pas moins dépaysante.
Découverte des Islas Ballestas et de la Réserve Nationale de Paracas, près de Pisco, en compagnie de Gi, alias Brasil, et Francesco, alias Polonia (surnoms très élaborés trouvés par Gi ! devinez quel était le mien...).



- Les Islas Ballestas , ou Îles Galapagos du pauvre, sont un petit archipel d'îles regroupant plusieurs colonies d'oiseaux, mais aussi d' éléphants de mer.
Et là gros coup de coeur puisqu'on y voit des centaines de milliers d'oiseaux : 3 espèces de cormorans, des pélicans, des mouettes de toute sorte et taille en veux-tu en voilà, des pingouins de Humboldt, des aigles et autres prédateurs... ils recouvrent littéralement certaines des îles et décorent le ciel de longues traînées s'entrecroisant en lignes ondulantes.
La contre-partie de cette quantité et variété d'oiseaux, c'est une quantité et une uniformité du guano qui va avec... et du doux parfum qui l'accompagne !! Il y a tellement de fiantes d'oiseaux qu'à certains endroits l'épaisseur atteint une cinquantaine de mètres !


D'ailleurs, le guano étant un fertilisant naturel de toute 1ère qualité et les quantités présentes sur ces îles étant tellement considérables, une exploitation de celui-ci existe depuis le XIXe siècle et l'Espagne a même essayé de récupérer le bénéfice très lucratif de cette exploitation au XIXe siècle lors de la Guerre du Guano. Aujourd´hui on y extrait le guano une fois tous les 10 ans pour assurer le renouvellement des "stocks" et la tranquillité des colonies d'oiseaux.



Mais tout ceci ne serait rien sans l'observation de colonies de centaines d' éléphants de mer, jouant dans l'eau ou se prélassant sur des rochers, énormes peluches tranquillement assoupies et rêvant de sardines après un déjeuner bien copieux. A noter que les mâles, atteignant les 300 kilos, impressionants, font des grognements très sensuels lorsqu'ils se frottent contre les femelles !
Au retour au port, on découvre que l'on n'a peut-être pas la même notion du concept de Réserve Naturelle puisqu'on peut y voir un panneau rappelant l'interdiction de la pêche à la dynamite dans l'archipel des Islas Ballestas et autour...





- Après ces belles images, nous nous sommes promenés au milieu du désert venteux de la Réserve Nationale de Paracas . Désert aussi bien végétal qu'humain, sauf un mec vivant isolé de tout dans sa caravane, à des kms de toute civilisation, entouré de familiers pélicans, éprouvant les perçants rayons du soleil de jour en jour, avec comme seules voix les hurlements et confidences des bourrasques de vent venant du large... tranquille le père. Impossible d'échapper à ma 1ère baignade du voyage dans le Pacifique : plage déserte, océan frais et mouvementé qui décourage mes 2 compagnons, merci l'entrainement breton !!




Le reste de la route vers Lima devant être faite le même jour et les moyens de transport s'enchainant avec une rapidité non escomptée, j'ai donc pu expérimenter l'arrivée dans une capitale et mégalopole en maillot de bain à fleurs, pas tout à fait la dernière mode mais elle me fut pardonnée sans problème par mes chaleureux hôtes liméniens, à savoir Anne, une copine expat d'Annabeat de boule, qui recevait aussi son frère et sa copine, et Francho son colloc péruvien.

Par Briva L - Publié dans : Perú
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 12:35

Apres le départ de Chonchon, me revoila parti en solitaire. Ca fait toujours un peu bizarre au début, apres tant d'aventures partagées et un mode de vie habitué a la présence de l'autre. En fait il m'était déja arrivé la même chose au Maroc quand un autre pote, Aurele, s'en était retourné en Espagne et que j'étais resté un peu plus profiter de ce beau pays ; un jour bizarre, entre deux eaux comme dirait Paco de Lucia, et apres tout était redevenu rose, ou bleu.  Bah il m'est arrivé à peu près la même chose ici et donc, pour pas me morfondre a Cuzco, j'ai décidé de suite de prendre la direction d'Arequipa, pas loin de la côte Pacifique et de la frontiere chilienne, au sud du Pérou.

Arequipa est surnommée la Ville Blanche pour son climat clément et ensoleillé tout au long de l'année, mais surtout pour ses nombreux édifices coloniaux et églises faits de la traditionnelle pierre volcanique blanchâtre extraite à quelques kilomètres de la ville, au pied des imposants volcans l'entourant, l'enneigé Chachani (6075 m), le superbe Misti (5822 m), et la chaine du Pichu Pichu (5571 m).

Toute la côte péruvienne est proche d'une faille géologique et donc dans une zone à haut risque tectonique. L´histoire de ces villes plus ou moins côtières est donc parsemée de tremblements de terre (pour Arequipa notamment) permettant de suivre parallèlement aux événements géotectoniques une évolution architecturale pour faire face aux conséquences destructrices de ces derniers, mais aussi d'inondations et autres tsunamis pour les villes faisant face a la mer.

J'ai eu de la chance et j'ai pas connu de catastrophes, mais de mon coté Arequipa a été comme un petit séisme tant la vie fut folle là-bas ! Moi qui pensait y rester 3 jours j'y ai passé une grosse semaine...


D'abord le choc fut naturel, avec la visite du plus grand Cañon du monde, le Cañon de Colca et ses 3190 mètres d'à-pic à certains endroits... (en fait pour être précis le plus grand du monde est pas le Colca mais le Cañon voisin du Cotahuasi ... qui est plus profond de quelques 160 mètres, à une dizaine de kilomètres du Colca).

Comme le salar d'Uyuni, la Laguna Colorada au Sud Lipez, le Huayna Potosi dans la cordillère Andine, le Glacier du Salkantay ou le site du Machu Picchu, le Cañon de Colca fait partie de ces sites où la nature est ébourifante et t'explose en plein dans la face.

J'avais décidé d'y faire un petit trek de 2 jours de marche, ce qui reste la meilleure facon de le découvrir, mais pas la plus simple puisqu'un cañon c'est pas trop plat, donc grosse alternance de montée et de descente, et un chemin à base de "jte descends 1000 metres de dénivelé, jt'en remonte 800 pour aller a Tapay, pi j't'en redescends 800..." le tout sous une chaleur cañonesque...
Le 1er jour fut donc magnifique, le chemin traversant des portions de terre nue, rougeâtre, jaunâtre, beige, ocre, des plantes aux formes bizarres anthropo ou zoomorphes, ou bien des vergers verdoyants ou encore des champs de cactus utilisés pour la culture de la cochenille.



Mais c'est quoi la cochenille en fait ? Parce qu'on connait tous le rouge cochenille, un des tubes de peinture au nom bizarre utilisé en cours d'arts plastiques pour étaler sur de pauvres feuilles de papier Canson qui auraient mérité un meilleur sort, mais il vient d'où ce "cochenille" ?
En fait c'est assez étonnant... Il faut cultiver une certaine espèce de cactus, bien connue, que de petits vers vont venir parasiter. Et quand ils viennent se prélasser sur ces larges feuilles de cactus, ils laissent des sortes de petites crottes blanchâtres (ou oeufs ? ca j'ai pas tout compris, mais je trouve que la crotte c'est plus sympa que l'oeuf donc je garde la crotte pour mon histoire) qui sont récoltées toutes les 4 a 6 semaines. Mais ça ça ne nous donne pas le rouge cochenille... Mais en fait si ! Parce qu'il suffit juste d'écraser ces petites crottes d'oeufs entre les doigts et il en sort... un liquide épais rouge caractéristique, utilisé comme colorant, voilà notre rouge cochenille !

Bon, ce 1er jour a aussi été l'occasion de rencontrer un autre voyageur solitaire avec qui j'allais passer pas mal de temps, Alberto, alias Beto, espagnol des Asturies, faisant son petit tour d'Amérique du Sud pendant 1 ou 2 ans.
Et c'est en sa compagnie qu'on a fait un tour à Cruz del Condor, un site bien connu au milieu du Cañon, à la partie haute de celui-ci, puisqu'une colonie de Condor des Andes y a établi ses quartiers dans les recoins invisibles de la falaise abrupte.
Pour être franc je ne m'attendais pas à grand chose mais là j'ai pu voir un des plus beaux spectacles naturels de ma vie...



En effet, le matin, peu après le lever du soleil dont la chaleur des rayons permet à l'air de se réchauffer, les condors remontent progressivement la paroi du cañon, profitant des courants d'air chaud ascendants pour s'élever doucement vers les cieux. Tout à coup on en voit un apparaitre, au loin, en bas, faisant des huit le long de la falaise, cherchant l'ascenseur chaud, bientôt suivi d'un autre, puis d'un troisième !!!

Et là le festival commence ! Et c'est pas des papillons hein, c'est des espèces de monstre de 2 mètres d'envergure, aux ailes déployées, se mouvant dans l'espace, immobiles et imperturbables, noir et blanc pour les adultes, marron pour les plus jeunes, se rapprochant peu à peu jusqu'à passer 2 mètres au-dessus de ta tête, dans un bruit de coup de vent, te jetant un coup d'oeil goguenard et blasé - ou limite intéressé en regardant tes petits bras potelés, mais définitivement trop vivants pour être bien intéressants ! IMPRESSIONANT !!!!


Cette 1ère journée idyllique ne pouvait mieux se terminer... arrivée au fond du cañon dans une oasis naturelle, où les 3 ou 4 hébergements aux noms évocateurs - le jardin d' Eden, le Paraiso... - sont chacun pourvus d'une piscine naturelle, charmante et fraiche, baignant dans une végétation luxuriante, et de quelques cabañas au prix dérisoire pour y passer la nuit.


Je n'ai pas pu m'empêcher bien sûr d'aller faire un petit plouf le soir avec un autre pote español rencontré sur le chemin, un surfer ésotérique des Iles Canaries (d'ou le teint plus halé et le coffre à la place du thorax), et un gros plouf le lendemain au réveil avec Beto !!!












Après ces aventures cañonesques, arrivent les aventures urbaines d'Arequipa avec Beto !
Et là je sais pas trop comment tout s'est enchainé, ni le pourquoi, mais dans le désordre, il nous est arrivés un tas d'aventures !

D'abord c'était le we donc on en a profité pour sortir, et ils savent faire la fête à Arequipa ! Mais pas seulement puisque quelqu'un a mis une drogue ("pepia") dans le verre de Beto à son insu et qu'il s'est retrouvé dans une autre dimension... ça aurait pu être juste anecdotique si en fait il avait pas perdu tous ses moyens et ses souvenirs pour ne garder le lendemain que les traces de coups et de griffures qu'il avait recus par une fille déchainée et inconnue (qui ne lui a rien piqué mais l'a bien passé à tabac...). Pour rester dans la catégorie noire, on est tombé sur un gérant d'hôtel pervers, avare et colérique qui ne voulait pas nous ouvrir la porte de l'hostal la nuit et qui nous a prié de faire nos valises le lendemain, ce qui n'était pas nécessaire de nous demander vu que nos sacs étaient déja prêts. Malgré les velléités du personnel et du sympatique proprio nous priant de rester et s'excusant, il était impossible de rester plus longtemps à coté d'un fou de la sorte.


Heureusement il n'y pas eu que de la catégorie noire, et dans la catégorie rose on a rencontré un chef cuistot végétarien argentin itinérant cinquantenaire adepte d' Hare Krishna avec quelques problèmes de prostate, Maha (son vrai nom c'est Miguel mais il l'a changé pour avoir un nom plus cosmique), dont les adjectifs manquent pour le décrire, un peu illuminé et balbutiant, un peu humaniste aimant la terre entière et pragmatique pensant à son projet économique de cours de cuisine végétarienne en Europe et à sa future tournée gastronomique au Mexique... Rencontré au marché, il nous a invité à venir cuisiner chez lui : au menu, pizza végétarienne a la poêle (!) et vin chaud maison !

Et quelle maison !

Un appart sans meubles, où tout, mais vraiment tout est étalé par terre, des DVD de cuisine minceur aux bracelets de macramé, de son baton d'art martial à des cartons où a été peint "Abrazos Gratis" (Embrassades Gratuites), sans parler de la cuisine, chaotique... bref, la bouffe du déjeuner a été prête pour le dîner, que l'on a pu partager avec le colloc gracieusement hébergé par Maha, Diego, un Colombien parti depuis 4 ans en vadrouille en Amérique du Sud et gagnant sa vie en faisant des jongles avec un ballon de foot aux feux rouge, et le faisant même très très bien, aucune partie du corps n'étant négligé, et pouvant faire ses acrobaties debout, de dos, assis, allongé... Tellement bien qu'il a déjà tourné dans une pub TV...  C'est quand même étonnant de voir Diego gagner sa vie dans la rue au feu rouge alors qu'il passe dans une pub TV dans son pays...





Bref cette journée un peu folle n'aurait rien été sans le bouquet final et la décision, sur un coup de tête venu d'on ne sait où (peut-être des jongles de Diego finalement...), au vu des panneaux en carton "Abrazos Gratis", d'aller faire un tour dans la rue avec ces panneaux et des chapeaux de chef cuistot prêtés par Maha. Nous voilà donc tous partis, la bande des 4, Maha l'Argentin en tête, Beto l'Español, Diego le Colombien et moi-même, petit Français, dans les rues d'Arequipa avec nos panneaux brandis en l'air pour donner des embrassades gratuites !
Je pensais que ça allait durer 5 minutes et qu'on allait se lasser... mais non ! Tout le contraire ! On a passé plus de 2 heures à arpenter la rue piétonne principale d'Arequipa à l'heure de pointe le vendredi soir, la Plaza de Armas, place centrale, donnant des centaines et des centaines d'abrazos, certains distants ou brefs, d'autres bien appuyés ou chaleureux, prenant dans nos bras des cholitas (femmes indigènes au costume traditionnel), des costards-cravate, une tuna (groupe d'étudiants musiciens passant de bar en bar et jouant des airs traditionnels en échamge d'une petite participation financière) ou encore des mascottes en tenue de portable Telefonica, embrassades toutes gratuites, brisant la glace avec les gens, voyant des sourires apparaitre, même des larmes, certaines personnes nous remerciant et nous demandant de recommencer ça le lendemain, nous gratifiant d'un " Merci, Dieu te bénisse" ou d'un "J'en avais besoin", beaucoup s'interrogeant sur le pourquoi de cette opération ( "y'a un truc à gagner ? une caméra planquée ?" !!), jusqu'à atteindre un groupe de pas moins de 15 personnes et une dizaine de nationalités à un moment, nous accompagnant dans cette pure opération de bonheur et d'amitié sans frontières, sous la coupe de Maha bien sûr, déchainé comme jamais !!! Et franchement ça fait du bien !! Et j'avais mal aux joues comme rarement, apres avoir passé tout ce temps le sourire accroché aux lèvres et le rire pendu aux bajoues !
Quelques photos en sus sur le blog de Beto, ici : http://albertosuarezgarcia.blogspot.com/ et son récit pour les hispanophiles...


Y'a aussi eu la visite d'un couvent bien différent de tous les autres que j'avais pu voir jusqu'a présent, le Convento Santa Catalina. Ce couvent, fondé par une riche veuve Españole au XVIe siecle, était destiné a accueillir des jeunes filles issues uniquement de riches familles espagnoles dont la dot conséquente a vite enrichi le couvent, et qui conservaient a l'intérieur de celui-ci un mode de vie hédoniste ressemblant à celui qu'elles pouvaient avoir à l'extérieur puisque la plupart des riches nonnes avaient toutes une cellule individuelle, avec servante et cuisinière ! Le couvent, occupant une surface considérable, est donc devenu peu à peu une petite ville dans la ville, avec ses rues, ses bâtiments s'ajoutant au fil du temps, ses dédales de passages, ses cellules aux perspectives surprenantes alignées comme de petites maisons, et loin du coté austere auquel on pourrait s'attendre venant de la fonction d'un tel édifice, ses murs de pierre volcanique typique d'Arequipa sont peints de couleur gaie, d'un bleu profond et d'un rouge ocre magnifiques, le tout donnant une atmosphère très douce, féminine et emplie de joie de vivre. Le couvent n'en est pas moins resté strictement fermé au monde extérieur pendant près de 3 siecles, et son ouverture n'a eu lieu qu'en 1970, révélant ainsi au monde ses secrets...

Le reste du temps passé a Arequipa fut comme quand on s'habitue à vivre dans une nouvelle ville. Une routine s'est donc progressivement installée, avec nos habitudes au marché, les jus de fruits de Nelly, les chicharones de chancho (porc grillé) chez Doña Carmen, nos commercants préférés, nos amis avec qui on allait prendre un verre...

Il me restera un souvenir spécial de cette ville festive, gaie, ensoleillée, pleine de surprises et de folie.
Mais un jour vient le moment de faire les bagages et de partir vers d'autres horizons...

Par Briva L - Publié dans : Perú
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 08:24

Après le Lac Titicaca et la magnifique Isla del Sol, centre religieux majeur inca, côté bolivien, nous voilà au PÉROU, à Cuzco, capitale des Incas et point de départ pour la visite du Macchu Picchu.


Cuzco est une ville charmante, colorée, animée, aux bâtiments coloniaux magnifiquement restaurées et où il fait bon flâner une fois le soleil levé et la chaleur ayant envahi ses ruelles pavées. On y croise plein de monde, beaucoup de touristes bien sûr, mais de nombreux étudiants et les quartiers plus populaires et plus authentiques sont un vrai plaisir. Le marché caché sous une grande halle et organisé en sections bien rangées nous a beaucoup plu, et en plus d'y faire quelques courses d'artisanat, on peut y déguster toute la panoplie de la cuisine péruvienne pour une poignée de sol (en gros et en gras on y mange pour 0,50 à 1,50 euros), des ceviches (salades de poisson cru ou coquillage marinés dans du jus de citron, des oignos et des herbes aromatiques) aux classiques seco ou estofado de pollo (poulet en sauce) ou asado (viande de boeuf rotie), du menu del dia (menu du jour) avec soupe puis segundo plato au choix, à la milanesa con puré (escalope panée de poulet ou de boeuf) et à l'escabeche de pescado (poisson en salade à l'escabèche), accompagné d'un Inka Cola, on y déguste glaces et licuados mêlant les parfums de tous les succulents fruits tropicaux trônant en pyramide au sommet desquelles la vendeuse préside avec son mixeur.
























Mais en se balladant, on remarque que plusieurs édifices ont conservé des fondations inca, facilement reconnaissables à leurs pierres savamment taillées, de toutes tailles, avec cet aspect poli et leur agencement désorganisé si caractéristique qui leur confèrent cette valeur esthétique largement diffusée et atteignat leur apogée au Macchu Picchu ; on y voit aussi de superbes portes magistrales (hé oui ! en plus des bateaux j'aime bien les portes !) peintes d'un bleu presque breton et des on y traverse des places animées, de la Plaza San Blas où les jeux d'enfants se mêlent aux stands des vendeurs, à la Palza de Armas, centrale, où s'enchainent les défilés folkloriques de danse et de musique de toutes les provinces du Pérou ; on passe devant des comedores (restaus populaires) où de délicieux menus sont servis au milieu des Cusqueños et avalés accompagnés de chicha de quinoa (boisson alcoolisée étrange à base d'alcool de quinoa) au son d'une petite peña venue chanter guitarre à la main des chansons de folklore péruvien, fredonnées par les habitués entre deux déglutitions ! ; enfin l'offre culinaire est large et on s'est essayé avec grand plaisir à la cuisine novo andine, à base d'alpaca, un régal, notamment dans le quartier perché de San Blas, plus bohème et populaire, et c'est sans parler des nombreux cafés, salons de thé et autres bars particulièrement charmants, dont certains au design novateur contrastant avec la tradition des édifices coloniaux et des racines incas. 

Une alte citadine et touristique en quelque sorte !

Mais mis à part le repos et les flâneries, Cuzco est aussi le lieu privilêgié pour aller visiter le Valle Sagrado (Vallée Sacrée) et le plus illustre de ses sites, le Macchu Picchu.

Pour aller au Macchu Picchu on avait décidé de le mériter un peu et donc de rejoindre le site en marchant, par le trek du Salkantay. Le trek traditionnel organisé par des agences en majorité étrangères s'en mettant plein les fouilles emprunte le Camino Inca. Mais son prix prohibitif, la nécessité de réserver sa place 2 mois à l'avance, son côté iltra-encadré et les hordes de touristes aux accents chantant le piétinant tous les jours ont fini de nous convaincre d'aller voir ailleurs et donc de faire un trek dit alternatif.
Comme d'hab on se renseigne vite fait dans une agence pour avoir quelques infos importantes, puis on dit qu'on va réfléchir et on y va tout seuls comme des grands !

Cette fois-ci il a fallu un peu plus de préparation quand même : location de tout le matériel de camping nous faisant défaut (tente, réchauds, tapis de sol, popotte), et achat de la bouffe au marché pour 3 jours d'autonomie. Plus quelques accessoires pour Chonchon, casquette et chocolat aux couleurs de notre mission "Objectif Macchu Picchu" !
Au-delà de rendre le trek beaucoup plus économique, on en ressort avec le plaisir d'organiser les choses à notre façon et de ne dépendre de personne, un concept bien français il parait, comparé à d'autres voyageurs qui ne jurent que par le tour tout organisé où l'on te dit où aller, quand faire une pause, quand et ce que tu vas manger, ce qu'il faut photographier, comment marcher, quand (et comment ?) aller aux cabinets naturels tant et si bien que ton cerveau peut tranquillement se mettre en position "off" et se reposer. Bon faut pas non plus dénigrer les tours, d'autant plus que pour certaines expéditions ils sont indispensables, mais quelquefois c'est vraiment la prise de tête, et quand il s'agit de quelquechose que l'on peut faire tout seul, adios !

Après avoir craché mon venin bien malgré moi, revenons à nos lamas et commençons la route !
Et quel début !!!



Réveil 3H du mat' pour choper un transport public nous amenant après 3 heures de zigzag à Mollepata, village-départ de notre trek de 4-5 jours. On découvre du coup que pas mal de Péruviens font un footing la nuit sur la route... intéressant...

Le 1er jour nous a réservé une bonne marche et une bonne ascension progressive, avec 1000 m. de dénivelé au menu depuis Mollepata (2900 m.), que l'on a bien senti vu que nos sacs à dos étaient bien remplis de tout notre équipement et de notre ravitaillement pour quelques jours. Une montée traversant quelques villages de montagnes et voyant la végétation et les arbres disparaitre au profit d'un paysage de pampa fait de grandes étendues herbeuses, puis à un paysage plus minéral. On progresse tranquillement mais régulièrement, demandant notre chemin à chaque fois que l'on croise un villageois, ce qui fait que l'on arrive même à trouver le chemin des locaux, plus pentu mais faisant office de raccourci, suscitant ainsi la surprise des arrieros (muletiers) croisés sur ce petit chemin à flanc de montagne.

Et soudain, alors qu'on commençait un peu à douter du chemin, on débouche sur la vallée au bout de laquelle se dresse le glacier du Salkantay, 6271 m., majestueux, rayonnant de toutes ses glaces au soleil, montagne escarpée jamais gravie (mais si facilement maitrisée par 2 doigts de Chonchon ! ).
La dernière ligne droite se révèle plus longue que prévue, 30-40 minutes selon les dires des locaux qui cavalent à dos de mule, un peu plus de 2 heures en plein cagnard en ce qui nous concerne... d'où la joie non feinte d'enfin arriver à Soray Pampa, lieu de notre 1er campement, à quelques 3900 mètres d'altitude.




Six bonnes heures de marche de suite en montée nous ont un peu émoussés, et pourtant il n'est que 13H et du coup on se demande si on ne pourrait pas passer le col du Salkantay dans l'après-midi... mais notre lieu de campement est charmant et la fatigue aidant nous décidons de profiter d'un repos mérité et de prendre le temps de nous installer tranquillement. On rencontre Augustín, un garde de la réserve nationale du Macchu Picchu qui nous propose de planter la tente près de sa maison, dans un champ où paissent paisiblement les chevaux des arrieros, à l'abri d'un petit bosquet pour se protéger du vent qui fouette une fois le soleil tombé. Il est tout seul dans sa petite bicoque, ses 2 collègues étant de congé à Cuzco, et est donc plus que content d'avoir un peu de compagnie ! Du coup on l'invite à notre festin du soir, soupe et nouilles chinoises dégustées au chaud chez lui au son des commentaires déchainés des commentateurs radio des matchs de foot du jour ! Son boulot à lui consiste à aller se balader dans la montagne, à noter toute la faune qu'il repère, et à rendre compte de tout incident pouvant avoir lieu dans le Parc (incendies, glissement de terrain...). D'ailleurs ce soir on pourra constater les dégâts potentiels puisqu'à l'autre bout de la vallée la montagne scintille de mille feux alors qu'un incendie la dévore...

On passera vite sur cette nuit glaciale qui elle est passée très très lentement en ce qui me concerne, l'épaisseur de billet de banque de mon duvet dont je constaterai amèrement le lendemain que la température-limite extrême affichée dessus de +13ºC est très probablement véridique. Le "réveil" est inutile, le lever est le bienvenu. L'herbe glacée et les ruisseaux gelés témoignent que les nuits dans la montagne au pied du glacier du Salkantay et à une telle altitude ne riment pas avec belle étoile.
Après un bon café bien chaud chez Augustin, on le salue bien bas et à 6H du mat' du 2ème jour on se met en vite en marche, le meilleur moyen de se réchauffer !

Il nous faut passer le col du Salkantay à 4650 mètres d'altitude, ce qui sera fait sans souci particulier 2H30 plus tard, après avoir contourné progressivement cet énorme glacier, laissant ainsi entrevoir devant nous une grande descente vers la forêt humide, jusqu'à 2000 mètres d'altitude et le village d'Aguas Calientes !



On reprend donc notre souffle là-haut et nous lançons dans une descente reposante, les degrés montant progressivement, le sac s'allégeant, la végétation et les oiseaux revenant peu à peu, et les couches de vêtement s'évadant une à une pour finalement terminer en T-shirt et crème solaire !

Les villages passent, mais rien ne résiste au rythme effréné de Chonchon tant et si bien que les 3 premiers jours de trek sont à raccourcir en 2 bonnes journées en ce qui nous concerne. Et le soir venu, on trouve un coin d'herbe bien verte pour une nuit reposante, au chaud.




























Le 3ème jour est un jour de transit puisqu'il s'agit d'enchainer un combi de Sahuayaco (Playas) à Santa Teresa, et un taxi de Santa Tersa a Hidroelectrica - une station hydroélectrique comme le laisse deviner son nom - d'où il ne reste plus que 2 heures de marche le long de la voie de chemin de fer suivant le lit du Rio Urubamba, traversant ponts en fer rouillé, tunnels obscures nous faisant trébucher, dans une belle végétation, au pied de la montagne du Macchu Picchu dont on distingue les terrasses de pierre perchées au sommet et nous faisant entrevoir ce que sera la journée du lendemain là-haut ! Le tout pour finalement arriver jusqu'au "Macchu Picchu Village", à savoir Aguas Calientes, but ultime de notre périple et base de départ pour l'ascension vers le Macchu Picchu. Cette belle journée a été partagée avec 2 nouveaux amis belges, Sophie et Samuel, qui eux font le tour du monde des sites et populations aidées par une ONG belge, "Autre Terre".
Ci-dessus le nid du marsupilami retrouvé par pur hasard sur le chemin... la bête elle avait du aller pêcher des pirhanas dans le Rio Urubamba...

Aguas Calientes est le prototype du village défiguré par le tourisme de masse. Ce qui devait être avant un petit village insignifiant aux rues en terre et aux paisibles maisons en bois à la cheminée fumante est actuellement un gros chou à la crème, aux hôtels 5 étoiles, aux barres de béton construites anarchiquement, à la nature souillée, ne comptant que restaus turisticos, bars, hostals, magasins souvenirs, vendeurs et personnel de tous ces endroits aseptisés importunant le touriste à chaque coin de rue, prix exorbitants, et plus rien d'authentique.
Ici le touriste est vu comme un billet de 100 nouveaux Soles, ou plutôt de 20 dollars. En effet l'entrée au site du Macchu Picchu coûte pas moins de 40 dollars soit 128 NSoles (moitié prix pour les étudiants comme moi ! héhéhé, une dizaine d'années de statut d'étudiant et je m'en lasse pas, encore quelques années devant moi !), le bus pour y aller 7 dollars, le train pour aller à Aguas Calientes de 35 à plusieurs centaines de dollars si on opte pour l'ambiance boiserie et pète-sec... inabordable pour l'énorme majorité des Péruviens qui ne bénéficient bien entendu pas de prix spéciaux. Point frustrant cette manière qu'a le gouvernement péruvien de voir la Culture comme un commerce, de la vendre si elle peut être rentable et de l'autre côté de délaisser des sites moins connus ou des musées aux collections ronronnantes dans des caisses poussiéreuses, plutôt que de la faire partager au plus grand nombre...


Bref le lendemain, 4ème et dernier jour de notre périple "Objectif Macchu Picchu", accompagnés par nos camarades belges, on se tape de nouveau un réveil plus que matinal (d'où les petits yeux...) puisque le site ouvre ses portes à 6 H du mat' mais que d'une part il faut se taper les 400 mètres de dénivelé à monter - ce qui sera fait à la frontale, en fin de nuit ou tout début de matinée au choix, gravissant les immenses marches de l'escalier inca, traitres pièges pour la semelle non vigilante car rendues glissantes par la brume humide de cette forêt semi-tropicale d'altitude, le tout dans une ambiance mystique, le faisceau de la lampe éclairant la brume et faisant découvrir ces marches centenaires brillantes taillées dans la pierre. D'autre part le réveil se devait d'être plus qu'auroral puisqu'il faut être devant l'entrée du site une bonne heure l'ouverture car seuls les 400 premiers sur place bénéficient d'un billet d'accès au Huayna Picchu, le pic dominant le site du Macchu Picchu et offrant une vue magnifique de ce dernier.

Mais le réveil et la montée sont bien vite oubliés quand les portes s'ouvrent enfin et que l'on rentre dans cette ville d'un autre temps, redécouverte par Hiram Bingham au XXe siècle, magnifiquement préservée et restaurée. La brume enveloppe tendrement ces pierres centenaires et se meut tel un drap porté par les fluctuations du vent, découvrant parfois une partie des édifices mais cachant pudiquement le reste du site, se faufilant dans les ruelles, envahissant les maisons par les fenêtres, recouvrant les places, conférant un mysticisme incroyable à ce site chargé d'énergie tant il est facile à la vue de ces maisons, passages et terrasses de s'imaginer une population contenue à l'intérieur donnant vie à toutes ces pierres et à ce contenant magistral...
Puis le soleil prend possession du site, ses rayons déchirant doucement ce voile brumeux, et à mesure que la température monte, le brouillard s'estompe jusqu'à enfin laisser respirer la ville abandonnée et nous livrer une vue globale du site. Magnifique bien sûr ! La ville est perchée au sommet de la montagne dite Macchu Picchu, sur une longue crête, dominée par un pic, le Huayna Picchu, entourée de monts de toutes parts, avec la partie urbaine regroupant temples et logements au centre et la partie agricole constituée d'énormes terrasses dégoulinant de chaque côté de la montagne, suspendues au-dessus de 400 mètres de vide plongeant vers le Rio Urubamba à son pied.













Il faut bien une journée pour flâner dans ses rues, parcourir ses places, découvrir ses temples, monter en haut de Huayna Picchu, 300 mètres plus haut, à 2690 mètres d'altitude. Mais ce qui est impressionnant au Macchu Picchu c'est la qualité de taille des pierres, dans les 2 sens du terme, taille plus élaborée pour les temples, dont l'assemblage et les jointures sont parfaits, plus rustre pour les terrasses et les habitations simples, et la taille que peuvent atteindre ces rochers taillés !





Toute une journée à profiter de cette merveille architecturale, à déambuler, grimper, éviter de se vautrer dans les marches plus qu'escarpées du Huayna Picchu, à se demander laquelle des hypothèses concernant la fonction et la nature de ce site est la bonne - centre religieux inca, ville de repos royal, observatoire, simple ville relais faisant partie du réseau de villes sacrées incas, ville abandonnée par les Incas au moment de l'arrivée et de la Conquête des colons españols ou délaissée avant l'arrivée de ces derniers compte tenu de faibles ressources agricoles dues au manque d'eau... -  après 3 bonnes journées de trek, font que le soir tombant, l'option du train pour rentrer le soir même à Cuzco devient l'option la plus opportune malgré le prix élevé de ce dernier.



Le retour est étonnament plus rapide (4 heures) que le chemin aller, mais le repos encore une fois bien mérité à Cuzco, ville parfaite pour le prélassement et la bonne chair (et un ptit coup de fil aux parents !) !

 




C'est là que mon chemin et celui de Chonchon se séparent...
fin des vacances pour elle et retour via La Paz et la casa de Lupe y Jose Antonio à Madrid ; départ pour Arequipa sur la côte péruvienne pour moi et dernière ligne droite vers la Colombie, et Caracas au Venezuela en ligne de mire pour mon vol retour fin octobre.



Voilà 5 belles semaines partagées, entre le Sud de la Bolivie, le Salar d'Uyuni, les mines de Potosi, la fiesta à Sucre, et ce finish magnifique à Cuzco et sur la route du Macchu Picchu, en passant bien sûr par le sommet du Huayna Potosi !



Mais la route continue ....

Par Briva L - Publié dans : Perú
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