Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 18:59

Après cette belle ascension, ce défi dont nous sommes si fiers :), nous avons décidé de nous réserver quelques jours de repos à Sorata, village considéré comme un des plus charmants et des plus reposants selon les dires de certains trekkeurs. Perchée à flanc de colline dans une vallée que dominent les sommets enneigés d'un autre monstre, l'Illampu, et de l'Ancohuma, on nous avait dit qu'elle bénéficiait d'un cadre naturel époustouflant. Certes, mais ses habitants semblent ëtre tellement détendus qu'ils jettent tous leurs déchets dans cette mère nature....résultat, nous y avons trouvé une ville poubelle, avec des rivières remplies de plastiques et de bouteilles, triste donc dans un cadre naturel aussi superbe.
D'ailleurs pour la peine, pour punir Sorata, on ne met pas de photos hi hi bouhhhhhhhhhhhhhhhh !

Et on se dirige vers le tant attendu trio "soleil, plage, lac"......servi avec de la truite s'il vous plaït !
Oui enfin du soleil, de la chaleur, une ambiance estivale de vacances, avec des pédalos, de la truite au bord du lac, une eau turquoise et tranquille, des stands de bijoux, des bars, etc. Le Saint-Trop ' péruvien en sorte !!

                                  
Trucha à la romaine, trucha al diablo (ça pique !), trucha al limon, trucha à la tomate....il y en a pour tous les goûts, on s'est régalé !!

                                                                                                        Nichée entre deux collines et surplompant la rive sud du lac Titicaca, Copacabana est une petite ville animée pleine de charme. Pour certains trop touristique,  elle nous a semblé fort accueillante après l'ascension de Miss Huayna. Elle fut pendant des siècles un lieu de pélerinage religieux.

On ne peut que rester subjugué devant la cathédrale de Copa mauresque, d'un blanc éclatant avec ses dômes mudéjars et ses azulejos. Lieu de syncrétisme mêlant coutumes traditionnelles et rituels chrétiens, elle accueille la statue noire de la virgen de la candelaria, désignée comme la sainte patronne de Copa.

 


                                                                                                                             
Plus impressionnant peut-être la pièce adjacente à la cathédrale qui se consacre au culte inca, et qui consiste à dessiner à la bougie sur un mur noir l'objet de ses convoitises, objet de demande à la pachamama et à Dieu. Ces demandes allant du combi (bus péruvien) à la voiture, la maison, le travail, les enfants, etc.

Une petite marche vers le Cerro Calvario permet, notamment en fin de journée quand le soleil se couche sur le lac, de bénéficier d'une vue magnifique sur la ville et ses entourages. 
                                                                                                                    

Le lendemain, nous décidons de nous échapper de la Copa pour nous diriger vers la tant désirée Isla del Sol, ou anciennement appelée "Rocher du Puma", d'où dérive le nom "Titicaca".
L'île constitue le berceau de plusieurs êtres vénérés, tels que le Soleil....C'est là que le Dieu blanc et barbu Viracocha ainsi que les premiers Incas apparurent mystérieusement à la demande du Soleil....! Pour de nombreux péruviens et boliviens, cette légende relate encore l'histoire de la création.

Une possible excursion de l'Isla del Sol consiste à débarquer le matin après passé 2 heures sur un bateau à moteur à se cailler les (ce que vous voulez) vers 11h au nord de l'île et à repartir du sud vers 16h. Résultat c'est le marathon pour arriver à l'heure et les touristes font le même circuit de peur de ne pas voir l'essentiel et de se perdre ! Ouf on a pas fait comme tout le monde et on a décidé d'emblée de rester une nuit sur cette petite île, et donc de ne pas faire le circuit classique. Ce qui, à l'instar des treks effectués quelques jours auparavant, nous a permis d'avoir cette impression d'être seuls au monde sur une île au charme démesuré, qui recèle de baies isolées et de coins paradisiaques, mêlant beauté naturelle et un brin de mystère.

Le nord de l'île est un régal, pour son sable fin et ses plages désertes, ses petites baies et ses contrées sauvages, ses sites incas surplombant une eau turquoise, ses barques de pêche colorées, ses ânes de balladant impunément, ses herbes sauvages envahissant la roche frappée d'écume...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Nous passerons une douce nuitée dans un écolodge flambant neuf ! Par chance, un groupe avait annulé sa réservation, ce qui nous nous a permis de profiter de ce lieu charmant à prix de braderie ....!!! Dîner aux chandelles pour quelques sols et nuit sous une montagne de couvertures, bien au chaud, on ne bouge plus !!

La seconde journée, on se dirige vers le sud de l'île, et notamment vers le palacio del Inca, construit sur deux niveaux. Les fenêtres et les portes se rétrecissent au sommet, si bien que les seuils sont plus larges que les linteaux.

 

 





























Des rencontres, des villageois très accueillants, et l'envie de rester plus longtemps, de prendre pied dans un bout de l'île pour s'ennivrer du cadre naturel et du charme de ses habitants....mais d'autres belles aventures nous attendent, avec des paysages tout aussi surprenants et des gens tout aussi sympathiques :) !

Spéciale dédicace pour EL JO-JO
et sa boule de poil  (oh! :)) vivante je veux dire (double oh!!!!), non pas de frayeur Jo, on parle de la boule puante (tripe oh oh oh), de ton compagnon vital, I mean ROLLMOPS, qu'on a croisé juste avant l'ascension du Huayna et qui, bien sûr, nous a fortement encouragé !!

Par Chonchon - Publié dans : Bolivia
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /Sep /2009 15:00



Après le petit échauffement du trek d'El Choro, s'est dressé devant nous un mont, un pic, le Huayna Potosi, 6088 mètres de pierre et de glace situés dans la Cordillera Real en plein milieu de la cordillère andine, à quelques kilomètres de La Paz.



L'idée d'essayer de gravir cette montagne qui pourrait sans problème siéger sur l'étiquette d'une bouteille d'eau minérale a été comme un défi, puisqu'il s'agissait  pour nous deux de la première expérience d'alpinisme (ici on parle plutôt d'andinisme, normal non !) et de gravir avec crampons et piolet les flancs glacés de ce géant, mais aussi d'aller à des hauteurs que nous n'avions jamais atteintes
Le tout prit une tournure encore plus palpitante puisque cette ascension devait se faire en 3 jours, avec l'ascension finale le 16 août, jour de mon anniversaire (cumpleaños)...

Le 1er jour a consisté à se familiariser avec le matériel - crampons, piolets et encordement - et avec les techniques de montée et de descente sur glace en se testant sur un glacier situé au pied du Huayna Potosi, le tout en compagnie de notre guide, Mario alias "Super Mario", guide de haute montagne bolivien d'une cinquantaine d'années, avec une trentaine d'années de montagne derrière lui, et plusieurs milliers d'ascension du Huayna Potosi (un autre guide de notre groupe enchainait sa 3ème ascension en 3 jours, donc à ce rythme-là le nombre d'acensions grimpe vite, comme le guide d'ailleurs !)... un peu d'expérience ne fait jamais de mal !
Un vrai personnage ce Mario puisque tout le monde le connait - et le reconnait dans la montagne, du genre un gars 200 mètres plus haut, gros comme un point au milieu des rochers, qui d'un coup crit un "Hola Mario !" alors qu'on peine à le distinguer... - et qu'il en a vu passer des petits débutants cherchant à s'offrir une petite ascension au-dessus des 6000 mètres à qui il arrive toute sorte de déroutes, des plus joyeuses aux plus tragiques, aussi bien que des grimpeurs confirmés avec qui il a grimpé les autres monts Andins voisins de La Paz, bien plus exigeants et techniques que celui que l'on se désignait à monter. Et il avait toujours une bonne anecdote à nous mettre sous la dent, entre 2 sourires ! 

On partage le refuge avec Mark, un Australien bien sympa, et il faut dire que la 1ère nuit dans le Campo Base, à 4700 m d'altitude, fut assez compliqué pour Chonchon et Mark, et notamment le dîner, lui la tête dans les mains, les yeux fermés, et elle courbée en 2, les bras repliés sur le ventre, les yeux dans le vide... c'est que l'altitude ça te retourne un peu le corps et la tête, et nos matés de coca (thé à base de feuille de coca) n'ont pas été à la hauteur de leur réputation ("Si t'as mal à la tête ou au ventre tu bois un maté de coca et pouf ! plus rien !")... ça a plutôt été "Pouf ! et maintenant tu rajoutes l'envie de gerber !"


Dès le 2ème jour ont commencé les choses plus sérieuses, avec le passage du 1er refuge, Campo Base, à 4700 m, au 2ème refuge, Campo Alto, 5200 m.
Une montée simple à défaut de se taper nos gros sacs avec tout notre équipement - crampons, piolets, chaussures rigides en plastique, guêtres, doudounes et pantalons de ski, et toutes les fringues chaudes qu'on mettait les unes sur les autres une fois le soleil tombé et les températures chutant loin sous les 0ºC.

Plus de monde au Campo Alto que la veille, et une ambiance plus effervescente, chacun se préparant un peu dans son coin, ou partageant les témoignages de personnes ayant déjà monté cette montagne.
C'est que le rythme biologique n'est pas le même à ces hauteurs. On se cale sur le soleil et quand il se couche il ne sert à rien de tarder plus longtemps si ce n'est pour se retrouver gelés, et le meilleur refuge se trouve être le sac de couchage Mammouth triple épaisseur ! Dîner à 17H donc, soupe, riz et maté de coca (toujours aussi inefficace à calmer l'espèce de battement d'horloge qui tape dans la tête maintenant et empêche de bien se reposer). Et personne traîne puisque le lendemain le lever est à 1H du mat' ...

Pourquoi aussi tôt ? Tout simplement parce qu'il faut commencer à marcher à 2H du mat' pour arriver au sommet pas trop tard, objectif entre 5 et 7 heures plus tard, pour ensuite tout redescendre à pied et retourner à La Paz. Et que c'est plus facile de grimper quand il fait bien froid qu'avec le soleil dans la face et ses 30ºC en plus !

Après une nuit facilement qualifiée de toute pourrie en ce qui me concerne, avec une horloge dans la tête m'empêchant de dormir, arrive ce moment un peu surréaliste où tout le refuge se met en branle, en plein milieu de la nuit, les uns pliant leur sacs de couchage, d'autres sirotant leur maté de coca, les uns enfilant leurs bottes en plastique, un autre faisant tomber ses crampons dans un froid bruit mécanique, chacun affairé à ses petites affaires, comme une petite abeille dans cette rûche perchée dans la montagne.

Et là commence l'ascension de ce géant, à 2H du matin, harnachés comme des chevaux, crampons aux pieds, lampe frontale au front, piolet empoigné, les couches de vêtements accumulées pour éviter que le vent et le froid ne transpercent nos corps au cuir bien trop fin et n'y viennent troubler cette douce chaleur humaine...



C'est donc dans l'obscurité complète que de faiblards faisceaux de lumière commencent leur ascension, pas à pas, sans hâte mais avec régularité, plus comme des machines que comme des cabris.
On est encordés Chonchon et moi avec le guide, et durant notre progression en file indienne, pas le temps ni le souffle de se raconter des blagues L'effort physique est réel, notamment à cause de ces chaussures rigides chaussées de crampons et lestant ainsi chaque pied d'un poids d'un kilo et demi, ou à cause du manque d'oxygène qui se fait toujours plus sentir, pas après pas, mais la montée se fait plus avec la tête qu'vec les jambes ou les poumons...
Chaque pas demande qu'il n'y en ait pas de prochains, ou sinon pour redescendre, et à chaque fois il faut se recentrer sur la montée, se relancer vers l'avant, oublier les poumons qui brulent, le souffle haletant, l'horloge qui tape dans la tête et qui semble grossir et taper toujours plus fort au fil des minutes et des mètres gagnés sur l'apesanteur...


On ne voit pas le but de notre montée, le sommet, mais suivons le chemin toujours ascendant, à la pente variable et contournant les façades verticales dont l'ascension est impossible pour trouver un chemin plus accessible à nos petites pattes d'humain ; on croise des barres de glace et traversons d'énormes étendues enneigées ; on aperçoit bientôt au loin les lumières de La Paz scintillant de mille feux derrière d'autres monts plus petits et déjà dépassés ; on saute de petites crevasses sous l'oeil attentif de Super Mario qui inlassablement nous mêne vers ce sommet tant désiré ; on affronte aussi le froid de la pause WC, 10 minutes pour pouvoir enlever et remettre toutes les couches, les 10 les pus longues de ma vie !! ; mais le plus dur reste encore l'altitude et ses effets pervers... le mal de tête ne cessant de croître, auquel bientôt se joint le mal au thorax, oppressant, puis le mal de bide et les nausées, puis des douleurs dans tout le dos de haut en bas, ou encore des vertiges... Il ne s'agit pas de minimiser tous ces symptomes de l'altitude mais tous ceux qui grimpent ressentent un peu les effets pervers des hauteurs, et il faut donc savoir si le corps dit "Stop" à un moment et si tel est le cas le respecter. De notre côté nous sentons que pour l'instant ces symptômes sont mineurs et tolérables, aussi nous poursuivons inlassablement l'ascension.

Chonchon s'en tire bien mieux que moi, qui fanfarronait les nuits précédentes me trouvant frais comme un gardon des montagnes alors que Mark et elle étaient indisposés. Les rôles se sont bien inversés, et je commençais sérieusement à regretter de ne pas avoir pris quelques médocs comme les autres pour éloigner ces vilains maux de tête, de ventre, de dos... tout au naturel que je suis, à la feuille de coca qui se révèle ben faible face aux marasmes de mon corps, ça commence à devenir un supplice glacé... chaque pas est souffrance et nécessite un effort et une volonté renouvellée à tout instant...



Mario est tantôt à nous féliciter de notre bon rythme de montée, tantôt et même plus souvent à nous dire qu'à ce rythme-là nous n'allons pas arriver au sommet (à préciser qu´au bout d´une heure d´ascension, il s´arrête et nous dit "la chica, no va a hacer la cumbre..", soit "la fille, elle ne va pas atteindre le sommet", vous imaginez l´encouragement!), jusqu'au moment où ne sachant toujours pas où était le sommet, après 4 heures d'effort ininterrompus, les premiers rayons du soleil pointent et semblent éteindre le peu d'espérance qui nous restait d'arriver au sommet. Mario nous impose un repos de 20 minutes et nous dit que l'on est trop fatigués et qu'il ne nous reste pas assez de force pour arriver au sommet.

La déception ne dépassait même pas l'état de fatigue qui était le nôtre. Mais après 10 minutes de pause snickers, on repartait dans un élan de rage, doucement, très doucement, en direction de la cime tant attendue. Et bien nous en a pris de ne pas abandonner puisque 20 minutes plus tard, après un lacet sur la gauche, voilà l'apparition la plus chérie de la journée, la dernière ligne droite sur la cime nous amenant jusqu'au sommet !!!!











Là un bol d'émotion nous emplit, après tant de souffrances endurées, sous les rayons matinaux du soleil faisant progressivement monter le mercure, et les larmes jaillirent d'elles-mêmes des yeux, donnant un aspect scintillant à ce tableau magnifique !!! Il parlait que la dernière ligne droite est la plus difficile, et bien celle-là, malgré son mur de galce de 6 mètres à escalader, la paroi de 300 mètres de vide à notre droite et celle de 150 m à notre gauche, et l'étroit chemin pentu de 4 ou 5 mètres de large se dressant devant nous sur la cime ultime, comme la corde devant un équilibriste, et bien cette dernière ligne droite ne fut que du plaisir, un bol d'air et de soleil, de la pure satisfaction !!!







On a donc réussi à gravir ce beau géant de glace, et E super Mario et Chonchon m'ont donc souhaité mon anniversaire là-haut, à la bière en canette et à la bougie qui s'allume pas, a la cumbre (au sommet), à 6088 mètres de haut !!! Non pas un ¡ Feliz Cumpleaños ! (Joyeux anniversaire) mais un ¡ Feliz Cumbreaños ! Beaucoup d'émotion pour ce moment très spécial ! Un sentiment de soulagement et de pure joie mêlé à la fatigue morale et physique !





La descente fut exténuante, en pleine chaleur, et le retour au Campo Alto une souffrance de plus, les maux de tête ne passant pas et étant dans la quasi-impossibilité de boire ou de manger quelquechose. Mais déjà le chemin vers le Campo Base était effectué et nos pas nous ramenait vers La Paz et la Casa del Monticulo de Doña Lupe y Don José Antonio qui nous hébergeaient nous tendait ses bras douillets pour nous reposer après tant de dépense d'énergie !








Un nouveau repos bien mérité !
Un défi réalisé et pas le moindre.
Je me dis que je vais pas me recoller à une ascension comme ça de si tôt ! Mais plutôt "Bon maintenant va falloir un peu de plage et de soleil hein !"
Et ça y est ! J'ai enfin compris la puissance de l'expression "raccrocher les crampons" (et le piolet...).



Et en attendant les plages de Colombie et des Caraibes, c'est vers le Lac Titicaca que nous allons nous reposer !!!

Par Briva L - Publié dans : Bolivia
Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 19:00

On quitte Sucre pour La Paz où nous sommes accueillis par la famille de Jose, un copain bolivien qui vit à Barcelone, en coloc´ à l´époque avec mes deux potes Mariona et Ludo rencontrés à Amsterdam en Erasmus il y a 5 ans maintenant. J´avais fait la connaissance de Jose au cours d´un WE à Majorque, bon je m´arrête là, ça devient compliqué he he. Tout cela pour dire que nous avons eu la chance d´être accueillis, chouchoutés par la famille de Jose qui vit dans la casa en face du Parc del Montículo dans le quartier de Sopocachi.
Comme Mariona et Ludo nous l´avaient dit, les parents de Jose, Doña Lupe y Don Jose Antonio, nous ont accueillis les bras grands ouverts ! Ils ont tout fait pour que nous nous sentions à l´aise chez eux, comme à la maison ! Et ils ont réussi ! Nous avons pu partager des repas ensemble et échanger sur l´évolution de notre terre actuelle ; sans oublier Sofia qui nous a préparé de bons petits plats et était toujours présente pour nous ouvrir la porte de la maison !

On se concocte un premier trek, El trek del Choro,
sans difficulté première, si ce n´est que ça descend à fond et que nos petits genoux étaient contents d´arriver ..! De quoi nous chauffer les jambes avant de se lancer ensuite dans l´ascension du Huayna Potosi à 6000 mètres. Les courses de la comida faites à La Paz, on part au petit matin prendre un combi en direction des Yungas, zone de transition entre les hauts plateaux arides et les plaines tropicales humides, à la limite entre les Andes et le Bassin amazonien.
Ce trek part de la Cumbre à plus de 4000 mètres et dévale un dénivelé de 3 600 mètres, des sommets enneigés et glacials de l´Altiplano à la touffeur chaude et humide des Yungas. Certains préfèrent le faire en VTT pour dévaler ce qu´ils appellent "la route de la mort", une route vertigineuse à flanc de falaise, pour le bonheur des amateurs de sensations fortes, soit-disant... bon nous on était bien contents de faire notre trek en solos, et de ne pas nous retrouver à 6h du matin dans une camionnette avec de la musique techno et des bandanas rouges pour descendre cette route périlleuse.. ! 
On est partis tranquilous et on a pas croisé beaucoup de touristes sur notre chemin, peut-être 6 à tout casser...et parmi eux, Daniel l´Ariégeois ou Daniel le Jardinier -Voyageur !!  
Daniel, jardinier dans une école d´horticulture parisienne, nous en a mis plein la vue avec son pas super rapide, son savoir sur les fleurs et toute la vie végétale en général, sa capacité à nous conter avec enthousiasme et vivacité (tout en marchant et en observant les fleurs :)) l´histoire de sa très grande famille !!






Première journée à couper le souffle : une fois le premier col passé à quelques 4660 mètres, on emprunte un chemin inca qui s´engouffre dans la vallée. Un bon rythme de marche nous permettra de ne pas nous faire croquer par une horde de nuage. L´arrivée dans la vallée est mystique, des nuages, des chemins incas et des maisons qui ne semblent pas avoir changées depuis des temps, c´est le moment de s´isoler un peu du vent, de casser la graine et de déguster un bon petit pique-nique préparé par nos soins, on a même de quoi se faire un thé de coca avec le thermos de Briva ! Le trek se poursuit dans cette ambiance mystérieuse pour se réchauffer petit à petit ; nous nous laissons alors envelopper par un climat beaucoup plus humide, embaumés par des fleurs tropicales et impressionnés par des plantes vertes aux feuilles géantes.














Première nuit sommaire dans un petit village : rencontre de Daniel, on sort les nouilles chinoises après avoir demandé à notre hôte de l´eau chaude. Difficile de communiquer avec cette dernière qui ne parle pas espagnol mais seulement aymara. Mais au moment où on devrait nous coucher, on la comprend bien, elle nous fait des petits signes pour nous inciter à cesser de papoter avec Daniel et d´autres Français, et à aller dormir.
On a peut-être bien fait de retarder notre nuitée dans notre palace partagé avec Daniel, un lit de bois recouvert d´un drap de fougères, cachant de nombreuses bouteilles d´alcool vides, un sac de sable en guise d'oreiller, le tout le long d´une rivière apportant fraîcheur et moustiques, humm un régal ! Surtout pour Briva qui avait un tout léger sac de couchage ...et pour Daniel qui n´en avait pas du tout ..et qui a donc pu profiter de LA couverture locale, légère aussi et bien parfumée ... !!




La seconde journée se fera sous les températures douces des Yungas, très agréables même si on s´est fait bouffer par les moustiques ! Plus longue, on aura le plaisir de la partager avec Daniel, et de se baigner dans une cascade pour se rafraîchir, et se laver un peu accessoirement !
Le soir, on marche jusqu´à un ecolodge communautaire, on paiera un peu plus cher notre chambre double que la veille, mais la cause est louable vu que plusieurs villages des environs profitent de ces sous et que ça donne du travail à plein de monde, et la famille super sympa ! On est que tous les 3, on ressort nos nouilles chinoises et on partage notre soirée avec Daniel, Joel l'enfant-araignée et sa jolie maman !


















Le lendemain, notre programme de marche s´annonce plus tranquile, heureusement d´ailleurs car mon genou droit commençait à manifester quelques signes de résistance. Dans la matinée, nous allons visiter la maison d´un ermite japonais installé dans le village de Sandillani depuis maintenant plus de 50 ans. Il a quitté le Japon puis traversé l'Asie, l'Afrique et l'Amerique du sud pour finalement rester ici. Premier arrivé alors dans ces contrés, il a vu des voisins s´installer et des touristes arriver avec le développement du trek del choro. Un personnage quand même : connu pour son jardin, il faut admettre que ce dernier est un peu défraìchi, on osera pas dire à l´image de son propriétaire, aie c´est dit ! L´occasion pour Joel, l´enfant-araignée, de prendre quelques cours de photo avec mon appareil, un artiste né !


Direction Coroico, la principale ville des Yungas, en combi, avec pour récompense un petit maté au soleil, on profite d´être en basse-altitude pour retirer le pull, waouhh !


Nous rentrons le soir à La Paz, une fois de plus accueillis par notre famille bolivienne, nous échangeons nos impressions autour d´un bon dîner et nous rechargeons les batteries avant de se lancer dans l´ascension du grand monstre ....
Vont-ils réussir à monter hasta la cumbre...........????
Par Chonchon - Publié dans : Bolivia
Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 22:54

Après la ville minière de Potosi, les rites del diablo, l´alcool à 96ºC et les feuilles de coca mastiquées et coincées dans les dents offrant un sourire vert aux voisins, on se dirige vers ce que certains appellent la "plus belle ville" de Bolivie, avec son charme colonial, ses universités, des jeunes qui se balladent partout, et sa douceur hivernale.
Oui, on enlève les thermiques et on se laisse aller à flâner dans les belles rues de Sucre.



Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie ?

Belle expression pour dire que Sucre est la capitale du pays, contrairement à la Paz qui est la capitale économique et gouvernementale... alors pourquoi Sucre est-elle la capitale du pays ? Vaste débat auquel il ne vaut mieux pas confronter un Paceño, habitant de La Paz, et les Chuquisaqueños, habitants de Sucre (mais pourquoi les habitants ont-ils une dénomination si compliquée que ça ?? Chuquisaquoi ??? tout simplement parce que l'ancien nom quechua de la ville était Chuquisaca !...)
- C´est à Sucre que fut déclarée l´Indépendance à l´égard du Pérou le 6 août 1825 ; la nouvelle république fut alors appellée Bolivia du nom de son libérateur Simón Bolivar.
- Mais c´est à La Paz que se trouve le siège du gouvernement et des finances, la majorité de la population bolivienne et le gros de l´activité économique, ce qui lui donne clairement des airs de capitale.

Quoi qu'il en soit les Sucreños (ouais y'a aussi droit de les appeler comme ça, mais c'est moins exotique !) sont très fiers de leur ville, de leurs origines, de leur Histoire, et nourrissent une grande rivalité avec La Paz, donc pour eux la capitale de bolivie c'est Sucre. Point à la ligne.

Arrivée le soir à Sucre donc, après 3h de bus depuis Potosi. Durant le trajet on rencontre une fille de notre âge, Natalia, prof de piano à Sucre, et venue à Potosi pour visiter les mines del Cerro Rico. Elle nous raconte alors l´objet de sa quête : retrouver les deux petits garçons acteurs du documentaire sorti en 2004 environ et maintes fois primé et salué à l'international : " Los Mineros del Diablo". Tourné par deux Américains je crois, super réaliste apparemment, qui filme les conditions difficiles et dangereuses du travail des enfants-mineurs à Potosi.
Ces deux jeunes garçons, acteurs majeurs du documentaire, sont apparement toujours à la mine et elles les a rencontrés ! Un peu à l´image de "Slumdog Millionnaire", un film choc à grand succès, avec des enfants qui sont restés ensuite vivre dans les mêmes conditions, bidonville ou mine. De quoi nous donner donc envie de voir ce film-documentaire et d´en comprendre un peu plus sur Potosi d´abord, et sur le devenir d´acteurs de documentaires aussi réalistes.




Petit hostal super peinard avec kitchen pour se faire un petit dej, du maté de coca (thé a la coca) pour moi et du maté tout court pour Briva super équipé depuis l'Argentine.

Et c´est parti pour Sucre by night, encore plus exploré par nos soins et nos oreilles que Sucre del día.
Yop yop, on se dirige vers un premier bar au coin de notre hostal, je goûte un alcool trop bon aux fruits de la passion, j´adorre !!! Briva est à la bière inca, et pis voili pas que ya un ptit concert dans la salle d´à côté !! Trois musicos sur une scène décorée du drapeau...bolivien et de style jungle avec des plantes vertes encerclants le batteur ! Un Jesus de 50 ans au synthé qui enflammera par la suite la salle à la guitarre électrique, et deux plus jeunes à la batterie et à la basse. Ca commence en jazz, latin jazz, puis ça part en rock fusion, énorme !
Le premier bon groupe qu´on entend depuis qu´on est en Bolivie !! Parce que sinon on peut pas dire que la musique bolivienne ce soit le pied total !!
                                                                                                      
 



On est à une grande table avec 3 Boliviens et un Italien trentenaire venu travailler dans le développement économique à Sucre pour deux ans. Absynthe, absynthe, bières, vin rouge tantôt offert par l´Italien, tantôt par nous-mêmes (et oui ! on s'fait des ptits cadeaux !), tantôt par un Bolivien ... on arrose, on arrose et on profite !
Un des Boliviens, Alejandro, trop cool, nous conseille d´aller à plusieurs autres endroits pour sortir, on tente tout, on fait tout ce qu´on peut jusqu`à 3h, heure à laquelle ferment les bars, avant de se diriger désespérement (ça tangue un peu pour moi) vers un fameux POLLO FRITO BROASTER !! humm un bon poulet élevé en batterie avec des bonnes patates frites dans 10L d´huile, miam !! parfait avant de s´effondrer pour le dodo !!

Seconde journée à Sucre, ballade jusqu´au couvent et musée de la Recoleta, construits par l´ordre des franciscains en 1600 et dominant la ville. Il fait beau (et chaud par rapport à La Paz et à Potosi).






On monte ensuite en haut d´une petite montagne objet de pélerinage, avec pour étapes des croix décrivant la mise a mort de Jesus. C'est assez fréquent voire permanent ici. Toujours aussi étonnant, on arrive en haut du mont où on trouve une statue de Jesus et des Boliviens pratiquant, à l´intérieur comme à l´extérieur, les rites aymaras pour la Pachamama, la Désse-Mère de la Terre. Mélange étonnant donc de croix chrétiennes, d´encens, de boissons alcoolisées, de feuilles de coca, de fleurs, etc. un syncrétisme résumant bien la religion catholique importée - et imposée - par les colons Espagnols accompagnés de moines missionaires, mêlée aux croyances ancestrales des peuples indigènes.
La Pachamama ou "Terre-Mère" est la déesse aymara et quechua. On lui verse en offrande quelques gouttes d´alcool à 96ºC sur le sol avant de se servir une gorgée, on lui donne des offrandes, on brûle des bougies et on la prie pour obtenir un combi, une maison, un travail, etc.









Pis bah seconde soirée à Sucre avec d'abord une bonne surprise et la découverte du concours de Miss et Mister Sucre dans un gymnase... complètement surréaliste vu que c'était un concours de culturisme (vous savez les gars aux bras, jambes et pecs gonflés à l'hélium, le corps enduit d'huile et d'auto-bronzant dans la plus pure tradition du discobole grec, en petite tenue slip en licra taille 12 ans bouffé par les muscles moyen fessiers...). Bref l'animateur annonçait simplement un truc du genre "doble pectoral de frente", les mecs (Ken ?) ou nanas (nanas ?) s'avançaient et se préparaient pour gonfler leurs ballons d'hélium, puis 15 secondes de contraction avec un superbe sourire figé, et un "YA !! Suficiente !" pour mettre fin au supplice. Impossible de vous raconter le show en couple de ces lapins (trop de carotène les pauvres...) nourris à la protéine sur "We are the World" , sonnant comme un hommage à Michael, en plus mécanique... pas facile de faire des mouvements artistiques en serrant les fesses de toutes ses forces !!!

Pour commencer le concret après ce spectacle de haute volée, direction un bar où on rencontre l´Italien de la veille et le batteur du groupe. Assez tentant de prendre des cockails vu le prix : 2 euros ! On entame une petite partie de billard avec 3 Boliviens vivant en Suisse et en Suède... Nés en Bolivie, ils reviennent en vacances et parlent tous les trois français, ça change !
De nouveaux compagnons rencontrés, avec qui on poursuivra la soirée dans un autre bar avec groupe de rock pour l´ambiance. La musique est encore bonne, et nouvelle surprise, on tombe sur notre copain bolivien de la veille, Alejandro et une de ses copines Leticia. Grand bonheur, des discussions intéressantes sur la politique d´Evo et sur nos vies aux deux côtés de l´Atlantique. Nouveau bar, nouvelle bière, nouvelle discussion. Avant qu´Alejandro ne nous propose d´aller chez un de ses potes.... on arrive dans un restaurant spécialisé en tapas espagnols, dans  lequel nous êtions rentrés de jour par curiosité pour y admirer la décoration. Vin rouge, musique, échanges jusqu´à 6h du mat !! Alejandro, une belle rencontre !

Le lendemain sonne le départ en fin de journée. Après une soirée bien arrosée et une nuit écourtée, il ne fallait pas trop nous brusquer. On a déniché un petit restaurant aux airs de garden party selon le lonely planet, avec des déjeuners le dimanche aux prix plus qu´abordables. Du soleil, de l´herbe pour le côté garden, et un menu à tomber par terre, bien raffiné comme on apprécie la cuisine française.
































PS: non, je vous assure, on ne fait pas exprès de faire nos beaux gosses ....?!!!

Un petit maté partagé avec nos amis boliviens de la veille, et une rencontre surprise de nos deux amis franco-hongrois d´Uyuni, Edith & Christophe, un hasard encore dans un café incongru où nous étions juste de passage à la recherche d´un ami d´ami bolivien...

Départ pour La Paz en bus de nuit.... de joyeuses rencontres et de beaux souvenirs de Sucre, où il a fait bon vivre pendant ces quelques jours !!!

 


Par Chonchon et Briva L - Publié dans : Bolivia
Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 16:00

Potosi c'est une ville incroyable !

Elle mêle la beauté passée et présente avec l'horreur, passée et présente elle aussi...
Un peu d'Histoire est nécessaire pour bien comprendre la dimension exceptionnelle qu'a cette ville qui n'était autre que la ville la plus peuplée et la plus riche de toute l'Amérique aux XVIe et XVIIe siècle jusqu'à son déclin à la fin du XVIIIe siècle...



Peu après leur colonisation de l'Amérique du Sud, les Espagnols eurent vent via un Inca de la région de Potosi que de l'argent était présent dans un mont, le Cerro Rico, grand mont dominant ce qui n'était d'abord qu'un humble village de montagne.
 Mais dans cette montagne sacrée pour les Incas et que ces derniers n'osaient donc toucher, les Espagnols découvrirent le plus grand gisement d'argent du monde, pur à 95%, quelques centimètres sous la terre...
Il leur fallut peu de temps pour exploiter cette soudaine richesse, faire venir des esclaves africains pour travailler aux côtés des esclaves indigènes, développer la culture de la coca pour en fournir aux mineurs (après s'être rendu compte que les mineurs mastiquant de la coca travaillait plus longtemps, sans pause, et n'avait pas besoin de manger durant la journée...), et tirer des richesses infinies de cette montagne rebaptisée "Mont Riche" (Cerro Rico). Ainsi une ville vit le jour, riche, très riche, attirant de nombreuses convoitises et donc de nombreuses personnes, dont les bâtiments coloniaux décorés avec raffinement et richement ornés constituaient le centre colonial, et des baraquements simples les logements des ouvriers. Certaines rues étaient même pavées d'argent au XVIIIe siècle devant l'abondance de la richesse... Pour se donner une idée de cette richesse, il faut réaliser que la Couronne Espagnole n'a presque dépendu que de l'argent de Potosi pendant 2 siècles.... et on dit qu'ils auraient pu construire un pont d'argent entre Potosi et Madrid s'ils l'avaient voulu...!

Mais comme toute richesse coloniale, elle s'accompagne de l'autre extrême, la misère ultime, et cela va avec un trafic intense d'esclaves, qui moururent non par milliers mais par millions dans les antres de cette montagne, d'épuisement, de maladies pulmonaires (tuberculose, silicose..), de faim, d'accidents, de mauvais traitements... Des écrits rapportent 50 morts en moyenne par jour, à comptabiliser sur plus de 2 siècles... Mais là n'était pas la préoccupation des Espagnols, l'Humanisme était une notion bien étrangère à cette époque.
Ainsi les mineurs passaient un an dans la mine, sans sortir, sans lumière du jour, travaillant, mangeant, dormant dans la mine. Les Espagnols avançant leur paye annuelle pour nourrir et loger leur famille à l'extérieur. Et lorsqu'au bout d'un an ils pouvaient sortir (s'ils arrivaient à survivre un an...) et touchaient leur paye, aveuglés par le soleil, les Espagnols leur demandaient de rembourser le logement et la nourriture qu'ils avaient reçu dans la mine !!! Ainsi les mineurs se voyaient obligés de retourner travailler un an pour évitrer de mettre leur famille à l'extérieur en péril... quand je pense qu'on critique notre système capitaliste ! à côté ça reste un peu plus humain... (quoique...).

Et aujourd'hui le Cerro Rico, bouffé de toutes parts telle une fourmillière ou un gruyère, se dresse toujours là, et un peu plus de 5000 mineurs continuent d'y aller extraire de la roche (étain, argent de mauvaise qualité, zinc et plomb notamment), regroupés en coopératives exploitant certaines mines, et vendant ce qu'ils ont extrait pour leur propre compte, et pour une paye misérable.


Et ces mineurs continuent de travailler avec les outils d'antan, médiévaux : une pioche, un marteau, des bâtons de dynamite, des chariots rouillés poussés à 3 ou 4 sur des rails défoncés, et surtout de la sueur et de l'huile de coude... un retour en arrière de 400 ans je vous jure !
Et ces mineurs continuent de respirer des gaz toxiques à longueur de journée, d'extraire des métaux toxiques, et de se remplir les poumons d'amiante et de silice pour mourir précocément et sans souffle de silicose, d'asbestose, de tuberculose qu'ils se refilent entre eux, en moyenne après 15-20 ans de travail exténuant, ou bien plus rapidement d'un accident (chute, éboulement, accident de dynamite...). Leurs femmes le savent très bien elles qui prient pour avoir un enfant le plus tôt possible après leur mariage afin de ne pas se retrouver toute seule une fois leur mari englouti par la montagne...

Le contexte est donc intense comme je vous le disais.
Mais il n'en serait rien si ce n'était que de l'histoire orale et si on ne pouvait se rendre compte par ses propres yeux de la condition de travail de ces mineurs. Car là on ne parle pas de musée, mais de "visite" de la mine qui consiste en fait à aller rencontrer ces mineurs qui travaillent comme des fous au sein de ce monstre aux dizaines de niveaux , à des températures variant de 0ºC à 45ºC, à se plier à leurs conditions de travail, à monter des échelles instables, passer au-dessus de trous sans fond, se faufiler dans des tunnels au noir impénétrable à la lumière de sa lampe frontale synonyme de fil d'Ariane, transpirer, se frotter aux parois, patauger, croiser des parois remplis de cristaux de silice, respirer l'odeur caractéristique des poches de gaz toxique quand on en traverse une...
Ce n'est pas une visite mais une expérience. Les mineurs poussent des chariots d'une tonne, répètent inlassablement pendant des heures le même geste (creuser la roche à la pioche, remplir des sacs de pierre à la pelle, soulever un sac de pierre par lìntermédiaire de systèmes de poulies pour le remonter des profondeurs, le vider dans une brouette, vider la brouette dans le chariot, pousser le chariot à la sortie, remplir les sacs de pierre).
Et quand on dit mineurs, n'allez pas vous imaginer de vieux barbus tout noirs. Pas de charbon et peu d'adultes ici. On y croise des enfants qui commencent à aider leur père et à se former dès l'âde de 14 ans... des enfants-mineurs adultes et condamnés avant l`âge...

Et ce monde, car il s'agit bien d'un autre monde, a ses codes et ses dieux propres, qu'il faut vénérer comme le font ces mineurs tous les jours avant et après le travail.
A l'extérieur, à la lumière, on vénère le Christ ; l'Eglise catholique règne en maître, mêlée aux croyances précédant la colonisation, à savoir le culte de la Pachamama (la déesse-mère de la Terre).
A l'intérieur du monstre qui a tué et où reposent tant de morts et d'âmes, et qui continue de tuer sans discernement, dans l'obscurité totale, on vénère le Tio, à savoir le Diable, qui peut à tout moment décider de prendre la vie de n'importe quel mineur. Pourquoi le "Tio" ? Parce que les indigènes ne savaient pas prononcer la consonne "D" et qu'ils appelaient cet autre Dieu, "Dio", déformé en "Tio".

Le Tio est présent dans chaque galerie, là où la lumière n'entre plus. Il s'agit donc de lui offrir tout ce que le mineur va consommer pour pouvoir travailler plusieurs heures de suite sans s'arrêter : des feuilles de coca que mastiquent les mineurs en groupe, tous en cercle, pendant une grosse demi-heure le matin avant de rentrer dans la mine, pour ne pas avoir faim et moins ressentir la fatigue, des cigarettes de tabac pur (sans filtre bien sûr, on est dans un environnement dur là, les filtres ça sert à rien vu ce qu'ils se tapent à côté dans les poumons) qui servent en les allumant à détecter la présence de gaz potentiellemt dangereux ou trop toxiques, et de l'alcool à 96ºC pour se réchauffer quand il fait trop froid, se redonner du courage, et surtout pouvoir s'aliéner sans trop en être conscient...

Tout ceci nous l'avons bien sûr expérimenté, nous pliant consciencieusement aux rites censés apaiser le Tio, en tenue de mineur, veste, pantalon et frontale du plus bel effet, après être res tés 3 bonnes heures dans cet enfer, et avoir testé la dynamite !!!
Et on en est ressorti profondément émus pour la condition de ces mineurs qui restent très fiers de faire ce travail, en hommage à leurs courageux ancêtres aux destinées aussi tristes que la leur, mais aussi bien sûr choqués par leurs conditions de travail qui restent inhumaines.

Plus anecdotiquement nous avons aussi pu expérimenter et découvrir la scene rock metal locale... au Chivaz Bar !
Dommage on avait oublié de se laisser pousser les cheveux et laissé notre cuir et nos bottines a  casa, pas comme le public au look parfait, sans parler du chanteur avec son jean troué, sa ceinture et son bandana léopard au genou, son marcel psychédélique et ses chaines cloutées aux poignets et autour du cou... En tout cas on était bien immergé avec les locaux, et il a fallu pas mal d'efforts pour pas se laisser submerger par les différents breuvages offerts par nos nouveaux potes et par le patron !!





Plus qu'une visite ou une expérience, c'est bien un voyage dans un autre monde, la rencontre d'autres humains, un espace entre le passé et le présent, l'Histoire écrite et l'Histoire qui se vit devant nous, quelquechose d'unique au monde.

Par Briva L - Publié dans : Bolivia
Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire

Ambiance Générale

Pot Pourri

  • Peru-057--Resoluci-n-de-Escritorio-.jpg
  • Cali-044--Desktop-Resolution-.jpg
  • Buenos-Aires_0037--Desktop-Resolution-.jpg
  • B---Ecuador-069--Desktop-Resolution-.jpg
  • Peru1-024--Resoluci-n-de-Escritorio-.jpg

Chats-Pitres

Comment taire ?

Cale-cendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus