Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 23:00

LIMA, capitale du Pérou, vaudrait la peine de s'attarder sur chacun de ses 9 a 10 millions d'habitants... ou pas. Je prendrai finalement la décision de ne pas le faire - j'en assume toute la responsabilité - préférant pointer quelques faits qui me sont arrivés et relever une poignée de détails de cette gigantesque mégalopole s'étendant comme un cheveu sur la soupe (!?) au haut d'une petite falaise devant l'agitée Côte Pacifique.

 


D'abord un hommage à tous les habitants de la casa fleurie et chaleureuse du quartier de Barranco où j'ai été gracieusement accueilli quelques jours grâce à Anne, une amie de potins d'Annaboule. Donc merci beaucoup à Anne, expat comme on en fait plus, qui a su rester à sa place quand tant d'autres expats changent de mentalité et de style de vie à l'aune d'un changement radical de pouvoir d'achat attribué par un nouveau statut , à savoir d'expat surpayé pour le pays où il vit ; gracias a Francho, colloc-copain-vétérinaire, ce qui fait beaucoup de casquettes alors qu'il porte Pluto des bonnets ; Carole apercue en coup de vent avant son rdv avec le Président du Pérou Alan Garcia (...!) ; les 2 sur-chiens Plu-Plu (thon) et Chodzeg, qui ne m'ont pas mordu, mais quand même piétiné et bavé dessus, je leur en veux pas. Et une bise à Momo, fidèle compagnon de soirée !

Donc voilà une liste non exhaustive de quelques choses que j'ai pu vivre ou voir à Lima :

- commençons formel, j'ai pu me ballader dans quelques quartiers :

  -> Barranco, quartier bohême où nous logions, coloré et vivant, propre et en bord de mer, où les petites maisons individuelles disparaissent peu a peu pour laisser place à de grands immeubles lucratifs où viennent habiter les classes moyennes et aisées limeñiennes, l'oeuvre destructrice du grand Capital, alias le grand méchant loup.

Plein de graffs et autres pochoirs se laissent découvrir au détour d'une ruelle...


 

-> Centro Historico, le... centre historique bravo ! Mais bizarre, même si celui-ci contient le Palais du Gouvernement, plusieurs églises connues, le Couvent San Francisco, et d'autres batiments officiels, ce quartier a été progressivement abandonné par le grand Capital, encore lui, au profit du squattage par des gens plus pauvres. Du coup c'est un peu la dèche en dehors des grands bâtiments.

 

-> Miraflores, quartier des affaires - où se construit le grand Capital donc, toujours présent çui-la ! -... euh pas grand chose à dire, si ce n'est qu'on y trouve un grand centre commercial face à la mer. Et c'est tout.


 



-> Punta Callao, la pointe exposée aux caprices de l'Océan, et donc aux tsunamis (attention zone à haut risque sismique), où les façades des maisons sont peintes avec le reste de peinture non utilisée pour les bateaux, ce qui en fait un quartier populaire très chaleureux, et surtout très coloré.

- j'ai constaté qu'il n'y a pas qu'à Paris qu'on est envahi de pigeons gris

 


- j'ai pu voir danser des jeunes sur la Plaza Barranco le samedi matin, musique tonique et cumbia, mais aussi des vieux très mignons sur la Plaza JF Kennedy, où l'ambiance était plutôt 3ème age, chachacha, rumba et valse

 

 

 

- j'ai appris à faire le pisco sour avec Francho, et du coup aussi le problème au réveil quand on en boit trop ; à base de pisco (3 doses), de sirop (2 doses), de jus de citron (1 dose), le tout dans un mixeur avec une poignée de glacons, il ne reste plus qu'à rajouter un blanc d'oeuf et à faire tourner le tout dans le mixeur sans le fermer pour en foutre un peu partout, ceci à répéter 2 fois, tant pis si ça cradasse un peu la cuisine c'est la technique officielle de Francho


- j'ai assisté à la mort pas si tragique du poisson noir de la casa, le lendemain du crash mortel d'un oiseau bleu flashy dans le petit jardin

- avec Anne on a toujours pas réussi à élucider le mystere de la mort en série de ces oiseaux dans son jardin (le petit bleu était le 12ème en 6 mois quand meme), malgré plusieurs hypothèses scientifiquement tangibles hésitant entre le triangle des Bermudes des avidés situé juste au-dessus de sa maison, le cimetière des oiseaux où viennent mourir les vieux oiseaux sages en fin de vie, ou le crash inopiné sur le mur de la casa l'attention détourné par le joli jardin...

 - j'ai réussi à retenir mon souffle en traversant le Pont des Soupirs, ce qui fait que mon voeu devrait bientot se réaliser, et suivant les recommandations d'un papi rencontré dans Barranco j'ai vu l'arbre en forme de pénis

- j'ai gouté les fameux anticuchos, brochettes de coeur de boeuf dont raffolent les liméñiens, mais on a toujours pas su expliquer d'où venait ce nom d'anticucho (une équipe de linguistes montée par Anne planche sur le sujet... hein Anne ? ;-)


- j'ai bouffé le meilleur ceviche (poisson, crevettes et coquillages laissés macérés dans une sauce à base de citron) de la ville, a la Punta Callao : excellent, accompagné de mangue et d'ananas, avec des coquillages gratinés au parmesan en entrée et un délicieux verre de chicha morada (a base de maïs morado, rouge, plus plein d'épices)

 

- j'ai claqué 400 Soles le 1er jour en laine de baby alpaca, très douce pour le corps, moins pour le porte-feuille ; après du coup j'me suis calmé

- on a vu le Rustica, un bar cumbia, complètement vide et complètement plein, dans tous les sens du terme, et pu apprécier qu'ici aussi ils aiment bien mettre 2 "danseuses" en bikini en train d'agiter leur boule pendant 15 minutes pour attirer le bailador ; sinon on a surtout dansé et transpiré la cumbia

- je suis allé voir la Chola Chabuca au studio TV de la chaine "Estudio 4", à coté de la casa ; il s'agit d'un homme travesti animant bruyamment un show où viennent se produire les plus grands groupes de cumbia péruviens (Tonny Portugaaaaaal est en fait très très connu ici, d'où les cris stridents d'adolescente en furie et le petit son aigü dans l'oreille droite (j'étais assis à gauche) qui m'a accompagné quelques heures après le show...), et je suis donc passé à la TV péruvienne dans ce show prépubère complètement stupide mais très instructif !

           

- ça fait maintenant 2 mois, depuis Sucre, que je n'ai plus touché une cigarette, c'est pas grand-chose mais je suis quand même content :-) à la place j'ai adopté la "technique Chupetin" à base essentielle de Chupa Chups fortement inspirée par Beto rencontré a Arequipa, qui lui-même s'est fortement inspiré des joueurs du Barça, son équipe favorite, à l'époque où Cruyff était entraineur, eux-mêmes fortement inspirés de leur fameux entraineur sus-nommé, Sieur Johan Cruyff, qui avait adopté la Chupa Chups après avoir arrêté de fumer mais pour pouvoir contenir ses légers accès de stress sur le banc de foot catalan (tout ça pour vous dire que ma technique a une grande descendance, hé oui !!!)

- j'ai pu halluciner en voyant un parapente passer en face de l'hotel Marriott, à quelques mètres de celui-ci, en plein centre de Lima, devant le centre commercial Larco Mar, face à la mer ; en fait j'ai pas halluciné, y'en avait pas un mais 7 ou 8... normal

- j'ai appris quelques règles de Francho pour bien se comporter en société péruvienne.

Quand t'es fauché, touche ta carotide avec l'index en faisant une mine perplexe et on te baissera un peu le prix.

Avec les filles, invites-en une à prendre un café, c'est que tu es très clairement intéressé, et si tu arrives a prendre un verre avec elle apres le café ca veut dire que c'est gagné ; petite variante amazonienne, comme il n'y a pas de café ni de bar, il faut remplacer le couple café-biere par le cuarto de pollo (cuisse de poulet) c'est moins sexy mais ça correspond à la même chose en fait...

- "hallucina que" j'ai appris l'expression snob du moment a Lima

- sur les conseils d'Anne, je suis allé a Trujillo, à 600 kms au nord de Lima, sur la côte Pacifique, pour visiter  2  sites archéologiques : les Huacas (temples) del Sol y de la Luna, restes de la civilisation pré-inca Moche, et Chan Chan, de la civilisation Chimu postérieure à celle des Moche, plus grande ville en adobe du monde.

 A la Huaca del Sol, j'ai donc pu voir de belles peintures conservées presque intactes car à la mort d'un souverain Moche (pas forcément moche... prononcer "motché" pour éviter les confusions), on construisait un nouveau temple par-dessus l'ancien, donc encore plus grand et ayant ainsi permis de préserver les sculptures et peintures des couches du dessous, mais pas les tombes, pillées par les Españols...


A Chan Chan, tout le contraire, on visite un palais de 11 hectares, d'une ville qui comptait environ 14000 Ha a l'époque... pour une population estimée à plus de 50000 habitants. De quoi donner le vertige...

En effet à la mort d'un souverain, on l'enterrait avec ses serviteurs, ses 34 concubines, quelques guerriers, tous ses objets lui servant dans la vie courante, et son palais devenait ainsi un nouveau temple confié aux shamans pour honorer la mémoire du souverain. Et on en construisait un autre pour le prochain souverain. De très belles sculptures conservées y sont encore visibles, dégagées des couches de sable, au stylisme presque moderne, symbolisant la raie, le poisson-chat, la loutre de mer, le pélican (qui pourrait d'ailleurs très bien passer pour un petit Space Invader sur un mur parisien !), autant d'animaux divinifiés tout comme les élements marins dont les Chimus étaient dépendants pour leur survie.

 

Et je suis allé manger du cangrejo reventado (crabe rempli et écrasé) à Huanchaco devant l 'Océan en regardant les surfeurs s'amuser devant les batreaux en totora (sorte de roseau) alignés sur la plage.

 










- Plus fou-fou, je suis allé dans la ferme d'un pote de Francho avec Anne et Francho, aller chercher 4 cuys (cochons d'inde énormes destinés à l'alimentation, c'est un plat traditionnel péruvien) et faire joujou avec les vaches qui font meuh, les agneaux qui font beeeeh, les lamas qui font genre je suis ton copain mais qui se tiennent prêts à te cracher leur bile verte dans la face (des souvenirs Chonchon héhéhé !) ; tous ces cuys  pour quoi ? pour les expérimentations de la thèse d'Anne, le but étant de les synchroniser pour récuperer tout plein d'ovules de cuys et après, si ça marche, faire le même protocole avec des cuys sauvages, rustiques, pour pouvoir préserver la lignée génétique de cuy sauvage au cas où (bon Anne t'as le droit et même le devoir de me corriger si je dis de la merde de cuy)

 

- mais au-delà d'aller dans une ferme voir les zanimaux de la ferme, j'ai aussi pu rencontrer le fermier, d'une lignée aussi rustique que celle des cuys sauvages, se balladant avec son flingue à la taille, croisant des lignées de chiens entre eux pour en faire des petits monstres (tout y passe, dogues argentins, rottweillers, filas brésilien...) qui au final ne font pas juste peur aux éventuels intrus mais bouffent les chiens aventureux et croquent le personnel de la ferme (pour avoir vu son chien de garde Mike, 4 canidés aventureux morts à son actif, qui ressemble plus à un petit lion je vous assure que je le crois, sans parler de son autre chienne, tellement contente de l'entendre rentrer qu'elle en a arraché sa chaine... normal non ?)

- avec ce charmant et sympathique propriétaire, sûrement sympathisant de "Chasse, Peche, Nature, Cuy et Tradition", parti conservateur péruvien, plus ancien éleveur de cuy de Lima (30 ans d'expérience), que j'ai suivi a la trace de peur de rencontrer inopinément un de ses gentils chiens (cf paragraphe précédent si tu t'égares...), j'ai pu apprendre plein de choses comme la psychologie des cuys et ses conséquences possibles sur la reproduction (le cuy est une petite boule de poil qui stresse tres vite), voir un cuy hémiplégique et un "cuy-sole" paralysé avec la tête sur le coté  (comme une sole quoi !), et l'entendre nous livrer quelques détails sur certaines de ses passions, comme la bataille de coqs avec ergots en métal, dont plusieurs photos de champions et diplômes d'honneur ornent son salon de ferme, la chasse à la carabine, ou encore les crânes, si possible venant de la famille, faisant office de pots de fleur... une vraie poésie je vous dis


Après ce dernier paragraphe, je ne peux plus rien rajouter au risque que tout paraisse fade, donc je m'arrête là.
Petite bourgade épuisante Lima !!!

Maintenant direction l'Ecuador, qui ne vaut certainement pas le Pérou, mais qu'il va bien falloir traverser avant d'arriver  à la tant attendue Colombia !!!  EN AVANT !!

Par Briva L - Publié dans : Perú
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Commentaires

Bon c'est certain maintenant, à côté de ton blog et de ton périple, mes reportages sont du pipi de cuys....Même si aucun magazine aujourd'hui n'a les moyens d'envoyer si longtemps ses reporters sur les routes du monde, ton écriture, ton style et tes photos me snobent.... GRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR.
Commentaire n°1 posté par Vieille tante le 05/10/2009 à 08h55
Coucou, me revoilou !
Ah ! Lima : au hit parade des reportage Ame sudiens, celui-là, je le place au sommet ! Peut-être pas pour les couleurs cette fois, un peu crevées, comme le ciel de ce mois de septembre péruvien (mais ça n'a probablement pas duré), mais pour la prose, parfois la poésie même, cet article, il a tout, il est vraiment top ! Et puis, quelle classe et quelle conduite impeccable : même à table, du gardes la ceinture de sécurité (si si j'y suis très sensible) !
Abrazos (sin precio).
Y.
Commentaire n°2 posté par Concombre démasqué le 05/10/2009 à 22h23
Tellement de violence !
Lima-la-sauvage, et Anne-la-Terrible,brrrrr.
Heureuse que vous vous soyez trouvés, mes amis.
Bises

Anbl
Commentaire n°3 posté par annabelle le 09/10/2009 à 17h28

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