Chile sin carne : coups de pédales et coups de pompe
¡¡ Hola Po !!
Les bilingues chiliens comprendont cette salutation chilienne puisqu' après chaque phrase il faut rajouter "Po !" pour être sûr de bien se faire comprendre po. "Po" en gros c'est "poteau", "pote", "mec", "che", "affreux"... chacun y trouvera son compte.

C'est donc par bus étonnament confortable et en direction de la tranquille San Pedro de Atacama au Chili que j'ai quitté la douce et belle Argentine...
Et là une fois n'est pas coutume j'ai pris le bon bus !!
Hé oui ! puisque j'ai pu faire connaissance de 2 Bords de Lait cruciverbistes professionnels et sûrement maitres d'école à leures heures perdues dans ce bus, ou plus pécisément à la douane chilienne quand il s'agit de vider tout ton sac à dos devant un douanier à la main experte se faufilant dans les ultimes recoins d to sac à la recherche d'une petite graine, d'un fruit, d'une tranche de jambon, d'une plante verte, de feuilles de coca, d'un bifteck de cheval ou de n'importe quelle chose d'origine végétale ou animale faisant partie de la liste des 2524 choses interdites d'amener au Chili.
La 1ère note est donnée. Ils sont comme ça les Chiliens. Ils rigolent pas trop avec les règles, o peut même dire qu'il les adore donc ils ont en plein. Après plus elles sot chiantes plus ils les aime aussi. Pi le pire, c'est qu'on pourrait se dire qu'avec toutes leurs règles qui t'empêchent d'être peinards, ils se feraient un malin plaisir à les contourner, mais non !!! Au contraire !!! Ils les appliquent à la règle justement....
Pour compléter le tableau, il faut aussi dire que le Chili doit être avec le Vénézuela le pays le plus cher d'Amérique du Sud, ce qui n'aide pas à faire passer la pilule.
Revenons à des sujets plus sympas et à nos 2 cons-pères et trublions.
Ils ont eu la bonté de m'accepter dans leur chambrée, dans leur nid d'amour, au sein de leur Pacs viril et vinifiant, pour finalement faire un ménage à 3 le temps de quelques jours.



Benjamin, alias "L' Expert", et Julien, alias "Labroche"et son mythique bandana, ou Ben y Ju, Ben et Ju, Ju y Ben, Ben et Thon, Ju et Tiste, Ben et Vole, Ben et Diction, et je sais pas combien d'autres dérivés et colibets sortis de leurs esprits tortueux et sûrement abîmés par l'alcool et l'école pour se définir tout au long de leur voyage...
Bien content de partager leurs rêves et ronflements, j'ai aussi pu gravir des sommets et sombrer dans de profonds gouffres en leur compagnie... alors commençons par le commencement !!!
Après avoir loué des vélos à l'oncle de Jaba (il lui ressemble comme 2 gouttes d'eau, ou plutôt 2 seaux d'eau), pour la 1ère étape nous avons décidé d'aller parcourir le site dit " Valle de la Luna", quelques kilomètres à l'écart de San Pedro.
Le peloton restait compact tout le long de la traversée de ce lieu splendide, avec plusieurs arrêts ravitaillement aux points stratégiques pour profiter des panoramas sur ces paysages déchiquetés, mêlant rocailles nues à des dunes de sable immenses, mine de sel abandonnée, avec son campement et certaines machines laissées sur place à la dégradation du vent et du soleil...
Le public n'était pas au rdv de cette étape de moyenne montagne ayant vu Labroche calé et l'Expert ravir le maillot à poix pour une poignée de dizaine de minutes à la meute des 2 concurrents le lorgnant depuis quelques jours déjà.
Et cette désertion du public dans ce désert d'Atacama fìt le bonheur le plus complet du grupetto que nous formions, ne cherchant pas la gloire et la folie bruyante et populaire du Tour de France, que chacun de nous connaissait bien sûr par coeur, mais plutôt la tranquillité de passer un col dans le calme, la sueur et la satisfaction du travail bien fait, voire le vélo à la main dans la plus pure tradition labrochienne (cf photo avec la route interminable...).



Le rythme fut calme et finalement, ne voyant pas venir la voiture-balai, nous avons décidé de racourcir l'étape initialement prévue au vu du paysage splendide qui nous entourait - ce que fait trop rarement le genre d'événement local comme le Tour de France par exemple, qui passe à toute vitesse sur le Pont de Normandie sans même laisser le temps aux coureurs de prendre une petite photo avec les po de l'équipe. Le village d'arrivée ne fut pas changé et c'est donc après une bonne ballade d'une quarantaine de kilomètres que le sprint final fut disputé.
Vous vous doutez bien que nous passions la ligne d'arrivée au bar main dans la main pour partager la victoire et trinquer à notre belle journée d'effort bien récompensée.

Pas de masseurs - ni de masseuses dommage - pour nos corps d'athlètes qui avaient déjà comme objectif l'étape capitale du lendemain, une étape de plaine où se jouerait sûrement une partie importante du classement final.
Repos.